Frise chronologique
vers 618
Fondation présumée
Fondation présumée
vers 618 (≈ 618)
Par saint Eustache, abbé de Luxeuil
870
Première mention écrite
Première mention écrite
870 (≈ 870)
Parmi les prieurés majeurs de Bourgogne
1120
Rattachement à Cluny
Rattachement à Cluny
1120 (≈ 1120)
Réforme monastique clunisienne
XIIIe siècle
Reconstruction du monastère
Reconstruction du monastère
XIIIe siècle (≈ 1350)
Après période médiévale initiale
1550-1581
Restauration par Granvelle
Restauration par Granvelle
1550-1581 (≈ 1566)
Bâtiments des religieux reconstruits
1719
Incendie de l'église
Incendie de l'église
1719 (≈ 1719)
Reconstruite en 1724
1793
Destruction partielle
Destruction partielle
1793 (≈ 1793)
Vente comme bien national
14 octobre 1996
Classement monument historique
Classement monument historique
14 octobre 1996 (≈ 1996)
Vestiges et bâtiments conventuels protégés
2017
Restauration complète
Restauration complète
2017 (≈ 2017)
Ouverture partielle en 2025
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Vestiges de l'église ; cloître, ensemble des bâtiments des anciens quartiers des religieux et du prieur, y compris les décors ; sols et vestiges archéologiques qu'ils contiennent (cad. AB 302 à 308, 310 à 318) : inscription par arrêté du 14 octobre 1996
Personnages clés
| Saint Eustache - Fondateur présumé |
Abbé de Luxeuil vers 618 |
| Aymé de Montmartin - Prieur en 1365 |
Affranchit les habitants locaux |
| Antoine Perrenot de Granvelle - Prieur (1550-1581) |
Reconstruit les bâtiments en ruines |
| Philippe-Emmanuel de Montfort - Prieur vers 1650-1657 |
Nommé pour services militaires |
Origine et histoire
Le prieuré de Mouthier-Haute-Pierre, fondé vers 618 par saint Eustache (abbé de Luxeuil), est mentionné dès 870 comme l’un des plus importants de Bourgogne. Rattachée à Cluny en 1120, l’abbaye est reconstruite au XIIIe siècle, puis restaurée au XVIe siècle par Antoine Perrenot de Granvelle, qui y ajoute le bâtiment des religieux. Un incendie en 1719 détruit l’église, reconstruite en 1724 avant d’être partiellement démolie en 1793 lors de la Révolution.
Les vestiges actuels incluent le cloître, les quartiers des religieux et du prieur, inscrits aux monuments historiques en 1996. Le prieuré, propriété privée depuis le XIXe siècle, a été entièrement restauré en 2017. Il abrite désormais un espace muséal dédié aux peintres comtois (XIXe-XXe siècles) et propose un parcours historique couvrant la salle du chapitre, les caves voûtées et les jardins.
Le chartrier révèle des terres et vignes offertes par la Maison de Montgesoye au Xe siècle. Parmi les prieurs marquants, Aymé de Montmartin affranchit les habitants en 1365, tandis qu’Antoine Perrenot de Granvelle (1550-1581) reconstruit les bâtiments en ruines. Le prieuré illustre l’influence clunisienne en Franche-Comté, entre spiritualité, pouvoir seigneurial et patrimoine architectural.
L’architecture mêle des éléments des XIIIe, XVIe et XVIIIe siècles : un cloître carré bordé d’arcades, des bâtiments conventuels aux décors lambrissés, et des trumeaux peints. La chaire ouvragée de l’église, détruite en 1793, est aujourd’hui conservée dans l’église paroissiale Saint-Laurent. Le site, ouvert partiellement au public depuis 2025, témoigne de huit siècles d’histoire monastique et régionale.