Frise chronologique
1189
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1189 (≈ 1189)
Par Anséric IV de Montréal avant la croisade.
1317
Réforme de l'ordre
Réforme de l'ordre
1317 (≈ 1317)
Devient dépendance de Vieupou (bulle papale).
1576
Dévastation par les reîtres
Dévastation par les reîtres
1576 (≈ 1576)
Guerres de Religion, occupation huguenote.
1772
Suppression de l'ordre
Suppression de l'ordre
1772 (≈ 1772)
Union à la mense épiscopale d’Autun.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Devenu propriété privée après Révolution.
1905
Classement monument historique
Classement monument historique
1905 (≈ 1905)
Acquis par la Société d’études d’Avallon.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Prieuré de Saint-Jean-des-Bonshommes (restes de l'ancien) : classement par arrêté du 14 novembre 1905
Personnages clés
| Anséric IV de Montréal - Fondateur et bienfaiteur |
Finança le prieuré avant la troisième croisade. |
| Jean XXII - Pape réformateur |
Bulle de 1317 réorganisant l’ordre de Grandmont. |
| Jean-Casimir des Deux-Ponts - Chef huguenot |
Responsable de la destruction en 1576. |
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte et dessinateur |
Étudia la piscine de la chapelle en 1840. |
| Jules Giraud - Abbé et historien local |
Contribua au musée lapidaire (1905). |
Origine et histoire
Le prieuré de Saint-Jean-des-Bonshommes est un monastère de l'Ordre de Grandmont, édifié au début du XIIIe siècle dans la forêt de Plausse, sur l’emplacement d’un antique sanctuaire. Fondé en 1189 dans les bois de Charbonnières grâce aux dons d’Anséric IV de Montréal avant son départ pour la troisième croisade, il devint une dépendance du prieuré de Vieupou en 1317 après la réforme de l’ordre par le pape Jean XXII. Le site, qui comptait 13 religieux en 1280, inclut une chapelle de 32 m de long, voûtée en briques, ainsi que des vestiges de la salle capitulaire, du réfectoire et des cuisines.
La guerre de Cent Ans et les guerres de Religion marquèrent son déclin : en 1576, il fut dévasté par les reîtres allemands au service du huguenot Jean-Casimir des Deux-Ponts. Restauré au XVIIe siècle, il fut supprimé en 1772 par Clément XIV, puis vendu comme bien national en 1791. Un incendie en 1846 détruisit une grande partie des bâtiments, épargnant seulement la chapelle. Acquis en 1905 par la Société d’études d’Avallon, il fut classé monument historique la même année et transformé en musée lapidaire.
Le prieuré attira l’attention d’Eugène Viollet-le-Duc en 1840, qui y dessina la double piscine (lavabo) de la chapelle, intégrée plus tard à son Dictionnaire raisonné de l’architecture. Après des siècles de transformations (propriété agricole, carrière de pierres en 1904), le site reste aujourd’hui géré par la société savante, qui en assure l’entretien et les visites estivales. En 2025, il est mis en vente.
L’architecture du prieuré illustre le style grandmontain, caractérisé par une austérité fonctionnelle et une organisation spatiale rigoureuse. La chapelle, l’un des rares exemples intacts de cet ordre, se distingue par ses voûtes en brique et son plan rectangulaire strict. Les vestiges de la salle capitulaire (cinq arcades) et du réfectoire témoignent de la vie monastique médiévale, tandis que les modifications postérieures (XVIIe–XIXe siècles) reflètent son adaptation aux usages laïcs.
La protection du site, obtenue dès 1905, soulève l’engagement précoce des sociétés savantes dans la préservation du patrimoine. La Société d’études d’Avallon, fondée en 1859, joua un rôle clé en sauvant les ruines de la destruction totale et en créant un musée lapidaire avec l’aide de l’abbé Jules Giraud et du sculpteur Georges Loiseau-Bailly. Ce cas exemplifie la transition des monuments religieux en espaces culturels après la loi de 1905 sur les biens ecclésiastiques.