Frise chronologique
985
Fondation initiale
Fondation initiale
985 (≈ 985)
Don de Lambert et Falectrude aux bénédictins.
avant 1037
Rattachement à Cluny
Rattachement à Cluny
avant 1037 (≈ 1037)
Confirmation par le comte Ademar/Aimar.
1165
Transition contestée vers les chanoines
Transition contestée vers les chanoines
1165 (≈ 1165)
Mention dans *Gallia Christiana*, non confirmée.
XIIe siècle (2e moitié)
Construction de l'église
Construction de l'église
XIIe siècle (2e moitié) (≈ 1250)
Style roman provençal avec innovations.
1293
État de dégradation signalé
État de dégradation signalé
1293 (≈ 1293)
Cloître et clocher en mauvais état.
1791
Vente des biens ecclésiastiques
Vente des biens ecclésiastiques
1791 (≈ 1791)
Chapelle devient église paroissiale.
1846
Classement monument historique
Classement monument historique
1846 (≈ 1846)
Parmi les premiers monuments protégés.
1862
Restauration par les Maristes
Restauration par les Maristes
1862 (≈ 1862)
Achats des bâtiments conventuels.
1877
Découverte d'un autel du VIIIe siècle
Découverte d'un autel du VIIIe siècle
1877 (≈ 1877)
Fouilles révélant une occupation ancienne.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
fin XXe siècle
Destruction de la galerie sud
Destruction de la galerie sud
fin XXe siècle (≈ 2095)
Aménagement en appartements.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1846
Personnages clés
| Lambert - Donateur initial (985) |
Offre les terres avec Falectrude. |
| Falectrude (Falectrudis) - Donatrice (985) |
Épouse de Lambert, cofondatrice. |
| Ademar (ou Aimar) - Comte, fils de Lambert |
Confirme la donation avant 1037. |
| Audoin et Durand - Moines bénédictins (985) |
Bénéficiaires du don initial. |
| Jacques d'Amboise - Abbé de Cluny et prieur (1491) |
Dirige le prieuré à la Renaissance. |
Origine et histoire
Le prieuré de Saint-Marcel-lès-Sauzet trouve ses origines en 985, lorsque Lambert et son épouse Falectrude offrent des terres aux moines bénédictins Audoin et Durand pour y reconstruire un monastère sur le site alors nommé Salciaco. Leur fils, le comte Ademar (ou Aimar), confirme cette donation avant 1037 et rattache le monastère à l’ordre clunisien. Plusieurs biens locaux, comme les prieurés de Saint-Jean d’Autichamp ou Saint-Étienne d’Espeluche, lui sont progressivement associés. L’église actuelle, édifiée dans la seconde moitié du XIIe siècle, reflète cette influence clunisienne, bien que des sources ultérieures évoquent une possible transition vers des chanoines réguliers en 1165, hypothèse contredite par les rapports de 1293 signalant l’état dégradé des bâtiments (cloître, dortoir, clocher).
Au XIIIe siècle, le prieuré compte six moines et adopte une architecture romane provençale teintée d’innovations, comme une coupole octogonale ornée des symboles des évangélistes. Le site traverse des périodes de déclin, notamment après la Révolution : en 1791, ses biens sont vendus comme propriétés ecclésiastiques, mais la chapelle devient église paroissiale. Au XIXe siècle, les Maristes rachètent les bâtiments en 1862 et restaurent l’église, tandis qu’en 1877, la découverte d’un autel chrétien du VIIIe siècle lors de fouilles atteste d’une occupation religieuse bien antérieure. Classé monument historique dès 1846, le prieuré perd cependant sa galerie sud du cloître (XVIIe–XVIIIe siècles) à la fin du XXe siècle, lors de sa conversion en logements.
L’architecture du prieuré, remarquable par son homogénéité, date principalement du début du XIIIe siècle. La nef, voûtée en berceau brisé et flanquée de bas-côtés, mène à un transept surmonté d’une coupole octogonale, supportant un clocher réduit au XVIIIe siècle. Le portail occidental, typique du XIIIe siècle, et les colonnes engagées marquent une rupture avec les canons romains traditionnels, illustrant la transition vers le gothique. Malgré les modifications ultérieures (destruction partielle du cloître, toiture du clocher), l’église conserve des éléments romans provençaux, comme la division en tiers entre colonnes et pilastres, tout en intégrant des innovations structurelles pour l’époque.