Prieuré de Saint-Maurice à Autry-Issards dans l'Allier

Patrimoine classé Patrimoine religieux Prieuré Eglise romane

Prieuré de Saint-Maurice

  • D104
  • 03210 Autry-Issards
Prieuré de Saint-Maurice
Prieuré de Saint-Maurice
Crédit photo : Plovemax - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Vers l'an mil
Protection clunisienne
971-972
Première mention écrite
1017 ou 1018
Donation à Souvigny
XIe siècle
Construction initiale
XIIe siècle
Voûtement et coupole
Fin du XIIIe siècle
Désaffectation et transformation
1500
Occupation par Pierre de la Trolière
1681
Armes d'Antoine Aubery du Goutet
Début du XVIIIe siècle
Exploitation comme ferme
1933
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Transept, abside, absidioles : inscription par arrêté du 6 juin 1933

Personnages clés

Ermengarde de Bourbon Épouse d'Archambaud de Bourbon, elle fait don de l'église à Souvigny.
Archambaud de Bourbon Époux d'Ermengarde de Bourbon, lié à la donation de l'église.
Odilon Intermédiaire pour la donation de l'église à Souvigny.
Achard Complète la donation de l'église en y ajoutant le tiers de l'église et des dépendances.
Pierre de la Trolière Occupant du prieuré, vestige de cheminée témoignant de son usage.
Antoine Aubery du Goutet Propriétaire du prieuré, ses armes sont visibles au-dessus d'une porte sud.

Origine et histoire du Prieuré de Saint-Maurice

Le prieuré de Saint-Maurice, situé sur la commune d'Autry-Issards dans l'Allier, occupe un site fréquenté depuis l'Antiquité, comme l'attestent des mardelles voisines et la proximité d'une voie gauloise ensuite romanisée. À l'origine, l'église de Saint-Maurice dépend d'un domaine laïc dans la villa des Issarts et, placée en limite de diocèse, domine la vallée de l'Ours ; elle est mentionnée dès 971-972 et possède déjà des dépendances extérieures. Vers l'an mil, l'église et ses biens passent sous la protection clunisienne, entraînant probablement des campagnes de reconstruction. En 1017 ou 1018, Ermengarde, épouse d'Archambaud de Bourbon, fait don de l'église à Souvigny par l'intermédiaire d'Odilon pour servir de lieu de repos de l'infirmerie ; Achard complète ensuite la donation en y ajoutant le tiers de l'église et la part des dépendances qu'il détient par héritage. L'édifice du XIe siècle présente un petit appareil associé à un moyen appareil de pierres taillées renforçant son ossature (contreforts, supports, baies) ; les ouvertures sont étroites, plus larges à l'est, et s'encadrent de linteaux simples parfois gravés en trompe-l'œil. Le plan comporte un transept aligné et un chevet à trois chapelles largement communicantes ; la nef, à trois travées, est flanquée de bas-côtés, et la porte occidentale en plein cintre est encadrée de contreforts. Trois plaques sculptées conservées dans l'église pourraient remonter à cette époque. Au XIIe siècle, l'église reçoit un voûtement de pierre (berceau brisé et voûtes d'arêtes) et une coupole sur trompes est élevée à la croisée du transept pour porter le clocher ; deux grandes fenêtres à colonnettes et chapiteaux sont ouvertes au pignon sud et l'emploi du moyen appareil s'amplifie. C'est aussi à cette période que datent probablement les murs gouttereaux de la nef rythmés par de grands arcs en plein cintre et surmontés de fenêtres hautes ; les plaques sculptées et une console sont alors remployées aux écoinçons de la croisée. Avant la fin du XIIIe siècle, après un effondrement important, l'église est désaffectée et transformée en logis avec chapelle : l'arc triomphal est muré puis percé d'une fenêtre d'habitation et l'ensemble, bien que jadis doté de vastes dépendances, devient une demeure seigneuriale. Entre la fin du XVe siècle et le milieu du XVIIIe siècle, le prieuré reste lié à Souvigny mais fonctionne comme une seigneurie laïque appartenant à des familles nobles locales ; une cheminée vestige de l'occupation par Pierre de la Trolière et les armes d'Antoine Aubery du Goutet, visibles au-dessus d'une porte sud, témoignent de ces usages (vers 1500 et vers 1681). Au début du XVIIIe siècle, le lieu est désormais exploité comme ferme : la chapelle sert de resserre et les dépendances sont morcelées entre plusieurs propriétaires. L'édifice a été inscrit au titre des monuments historiques en 1933.

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