Origine et histoire du Prieuré
Le prieuré de Saint-Quirin, situé dans le village éponyme du Grand Est, fut fondé au début (ou au milieu) du XIIe siècle par le comte de Dabo. Il devint un lieu de pèlerinage majeur, dépendant de l'abbaye de Marmoutier en Alsace. Son origine est liée à un ermitage nommé Godelsadis, où Geppa, sœur du pape Léon IX et abbesse de Neuss, fit construire une chapelle haute. Le premier prieur attesté, Wolframus, fut nommé en 1122. Ce site religieux, dédié à saint Quirin, martyr romain, joua un rôle spirituel et social central dans la région lorraine médiévale.
Au début du XVIIIe siècle, le prieuré fut entièrement reconstruit sous l’impulsion du prieur Dom Edmond Herb, comme en témoigne la date 1711 gravée sur le cartouche du corps de bâtiment principal. Les travaux, menés dans un style baroque et rococo, inclurent un campanile octogonal, des façades ordonnancées, et des décors sculptés (médaillons, armes abbatiales). L’église prieurale, reconstruite simultanément, fut consacrée en 1724. Le prieuré fut supprimé en 1769 par lettre patente royale, ses revenus étant transférés au chapitre des chanoinesses nobles de Metz, dirigé par une Choiseul-Stainville.
L’architecture du prieuré se compose de deux corps en L : l’un sur le Chemin de la Garinette (7 travées, campanile à bulbe), l’autre place de l’Église (6 travées, lucarnes à fronton). Les matériaux incluent grès, enduit, tuiles plates, et ardoises. Des éléments remarquables subsistent, comme une porte rococo ornée de médaillons (un cavalier, un saint en armure), une échauguette à pans coupés, et des escaliers en fer forgé. Une rénovation majeure eut lieu en 1910, comme l’indique un cartouche daté sur la façade place de l’Église.
Le prieuré, propriété communale depuis la Révolution, abrite aujourd’hui une école, un presbytère, et des logements. Classé partiellement aux Monuments Historiques (façades et toitures en 1986, église en 1994), il illustre l’héritage religieux et architectural lorrain, marqué par les réformes du XVIIIe siècle et les transformations post-révolutionnaires. Les sources historiques (Fischer, Kraus, Sigrist) soulignent son importance dans le réseau monastique régional, lié à Marmoutier et à la famille des comtes de Dabo.