Origine et histoire du Prieuré de Saint-Rémy
Le prieuré de Saint-Rémy-la-Varenne, installé en bord de Loire, est donné en 929 par Foulques le Roux à l’abbaye de Saint-Aubin et au Chapitre de Saint-Lézin. Il devient rapidement l’un des domaines les plus riches d’Anjou, avec une église et un réfectoire construits en réutilisant des sarcophages païens. En 1014, après un conflit, il passe entièrement sous le contrôle de l’abbaye de Saint-Aubin. Le cartulaire de 1157 confirme son statut de prieuré, placé à la tête de nombreuses dépendances régionales, générant d’importants revenus.
Entre 1150 et 1175, une fresque murale est réalisée dans le réfectoire, représentant la Crucifixion avec une croix verte symbolisant la vie, encadrée de dorures. Une Vierge à l’Enfant et une mystérieuse ville géométrique complètent cette œuvre d’exception, preuve de la richesse du prieuré. La qualité artistique suggère la présence d’un maître réputé, attiré par l’importance du site.
Au XVIe siècle, Mathurin Legay de la Hamonnière, prieur entre 1510 et 1541, transforme le prieuré en manoir inspiré des châteaux de la Loire. Il y ajoute une cheminée polychrome Renaissance, aujourd’hui emblématique, composée de 15 panneaux illustrant des scènes mythologiques et florales. Suffragant de l’évêque d’Angers (1540-1541), il marque durablement l’histoire religieuse locale.
Le prieuré est affermé en 1670, puis vendu comme bien national en 1789 pour 85 600 livres. En 1823, la fabrique de l’église en devient propriétaire et construit le presbytère actuel en 1847. Divisé en logements au XIXe siècle, ses décors Renaissance sont préservés sous une couche de chaux. En 1989, une association le sauve de la ruine et le restaure, tout en y organisant des événements comme les Hortomnales, festival des cucurbitacées.
Classé Monument Historique en 1955 (fresque) et 1957 (ensemble du prieuré), le site révèle encore des mystères. La cheminée, restaurée en 2013, a livré de nouvelles interprétations de ses panneaux. Le logis prieural, partiellement détruit par un incendie à la fin du XVe siècle, a été rehaussé d’un étage pour compenser. Aujourd’hui, le prieuré allie patrimoine médiéval et Renaissance, témoignant de près d’un millénaire d’histoire angevine.