Mention par Grégoire de Tours VIe siècle (≈ 650)
Première mention du prieuré à proximité de ruines antiques.
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale XIIe siècle (≈ 1250)
Édification des premières travées de la nef et du mur goutterot.
XIIIe siècle
Supports gothiques
Supports gothiques XIIIe siècle (≈ 1350)
Ajout de supports pour les voûtes dans la nef.
XVe siècle
Rénovations majeures
Rénovations majeures XVe siècle (≈ 1550)
Refonte des voûtes et restauration de la porte de la citerne.
1784
Dessin de Beaumesnil
Dessin de Beaumesnil 1784 (≈ 1784)
Pierre Beaumesnil documente les ruines et vestiges du prieuré.
Fin du XVIIIe siècle
Destruction partielle
Destruction partielle Fin du XVIIIe siècle (≈ 1895)
Démolition du chœur et suppression du prieuré à la Révolution.
2002
Réexamen des vestiges
Réexamen des vestiges 2002 (≈ 2002)
Nouvelle interprétation des ruines et remise en cause des hypothèses antérieures.
Début du XXe siècle
Restauration du logis
Restauration du logis Début du XXe siècle (≈ 2004)
Rénovation fantaisiste du logis prioral du XVe siècle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Totalité des restes de l'ancienne église priorale et des ruines de la villa gallo-romaine ; citerne avec sa porte du XVe siècle : inscription par arrêté du 22 mai 1948
Personnages clés
Grégoire de Tours
Auteur de la première mention du prieuré au VIe siècle.
Pierre Beaumesnil
A dessiné et décrit les ruines du prieuré en 1784.
Origine et histoire du Prieuré de Saint-Venant
L'ancien prieuré de Saint-Venant se situe à Luynes, en Indre-et-Loire, dans la région Centre-Val de Loire. Le droit de collation appartenait à l'abbaye de Marmoutier jusqu'au XVIIe siècle, puis devint propriété du roi. Le prieuré fut supprimé à la Révolution et l'église en fut partiellement détruite à cette époque. Le logis prioral, daté du XVe siècle, a été restauré de manière fantaisiste au début du XXe siècle. Une villa gallo-romaine, dont subsistent d'importants vestiges, était alimentée en eau par un aqueduc ; la porte de la citerne desservie par cet aqueduc a été refaite au XVe siècle. De l'église subsistent les deux premières travées de la nef et une partie du mur goutterot méridional. La façade est flanquée au nord d'une tour contenant un escalier dont seule la base subsiste ; cette tour était probablement un clocher. Les deux travées encore visibles sont voûtées sur croisées d'ogives à moulures prismatiques, refaites au XVe siècle, et retombent sur des supports du XIIIe siècle. Le chœur a été démoli pour faciliter l'usage viticole du bâtiment à la Révolution. Grégoire de Tours signale dès la première moitié du VIe siècle l'existence d'un prieuré construit à proximité de ruines antiques. En 1784, Pierre Beaumesnil a dessiné et décrit ces ruines, notant notamment deux murs massifs à angle droit en petit appareil, partiellement scandés de lits de terres cuites et formant, côté Loire, une succession de retraits. Jusqu'au début des années 2000, l'ensemble fut interprété comme une agglomération secondaire ou un habitat rural dont l'un des bâtiments aurait été transformé en castellum au Bas-Empire pour contrôler la vallée de la Loire. En 2002, le réexamen des vestiges et des sources a remis en cause ces hypothèses : le site apparaît aménagé sur une terrasse artificielle dominant la Loire, les maçonneries montrent des adjonctions successives dont certaines paraissent antérieures au Bas-Empire, et les vestiges étudiés ne représentent qu'une partie de la construction antique. Si la structure devait avoir une fonction défensive, il est surprenant qu'aucune maçonnerie importante n'ait été signalée côté nord, alors que les faces ouest et sud semblent exagérément renforcées compte tenu des défenses naturelles liées au rebord du plateau ; il n'est donc plus possible de réduire les ruines de Saint-Venant à un simple fortin du Bas-Empire. Une citerne située dans l'enclos à l'est des bâtiments modernes, considérée autrefois comme antique, a été profondément remaniée ; son état actuel ne permet pas d'en garantir l'origine ancienne ni de l'identifier avec certitude comme l'aboutissement de l'aqueduc, d'autant que son implantation sur le flanc du coteau se situe à un niveau trop bas pour un usage autre que strictement local. Le prieuré dépendait de l'abbaye de Marmoutier. Le site est aujourd'hui privé et propose deux chambres d'hôtes. Parmi les éléments décoratifs et sculptés figurent un couple sculpté et un blason ; des étoiles peintes ornent le mur sud, des niches peintes le mur nord, la clé de voûte de la deuxième travée est peinte et un personnage ecclésiastique est représenté sur le mur sud.