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Prieuré de Serrabona à Boule-d'Amont dans les Pyrénées-Orientales

Patrimoine classé Patrimoine religieux Prieuré Eglise romane

Prieuré de Serrabona

    29 Dailla la Creu
    66130 Boule-d'Amont
Prieuré de Serrabona
Prieuré de Serrabona
Prieuré de Serrabona
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Prieuré de Serrabona
Crédit photo : Poune - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1069
Première mention écrite
1082
Élection du premier prieur
25 octobre 1151
Consécration de la collégiale
1593
Sécularisation du prieuré
1819
Effondrement partiel
1875
Classement Monument Historique
1906-2014
Campagnes de restauration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise : classement par liste de 1875

Personnages clés

Pierre Bernard - Prieur au XIIe siècle Supervise l’agrandissement de l’église avant 1151.
Artal - Évêque d’Elne Consacre la collégiale en 1151.
Marcel Durliat - Historien de l’art Prouve l’origine locale de la tribune (années 1970).
Henri Jonquères d’Oriola - Propriétaire privé (début XXe) Finance les premières restaurations (dès 1906).
Sylvain Stym-Popper - Architecte-restaurateur Reconstitue la façade occidentale (1969).
Prosper Mérimée - Inspecteur des Monuments Historiques Visite le site en 1834, critique les chapiteaux.

Origine et histoire

Le prieuré Sainte-Marie de Serrabona, fondé au début du XIe siècle par des chanoines augustiniens sous l’impulsion du vicomte de Cerdagne, s’implante sur un site montagneux près de Boule-d’Amont (ancienne commune de Serrabonne). La première mention écrite date de 1069, évoquant une église paroissiale dédiée à la Vierge. En 1082, les religieux élisent leur premier prieur, marquant l’autonomie du prieuré face aux pouvoirs comtal et épiscopal, dans un contexte de réforme grégorienne.

L’église est agrandie au XIIe siècle : nef voûtée en berceau, transept, chevet semi-circulaire, et cloître à galerie unique (adapté au rocher abrupt) sont ajoutés. La nouvelle collégiale, consacrée en 1151 par l’évêque d’Elne, intègre une tribune-jubé en marbre rose, chef-d’œuvre sculptural contemporain de l’agrandissement. Son décor, mêlant motifs végétaux, animaux fantastiques et symboles religieux (tétramorphe, Agneau pascal), témoigne de l’influence des ateliers roussillonais liés à l’abbaye Saint-Michel de Cuxa.

Le prieuré décline dès le XIIIe siècle, miné par l’individualisme des chanoines et la sécularisation des biens ecclésiastiques. En 1593, le pape le rattache à la cathédrale de Solsona (Espagne), mettant fin à son statut de collégiale. Abandonné, l’édifice subit des dégradations : effondrement partiel en 1819, réutilisation de la tribune comme grenier, et vol de chapiteaux (comme ceux du portail Nord, remplacés en 2000). Classé Monument Historique en 1875, il est restauré au XXe siècle, avec la reconstitution de la façade occidentale (1969) et l’anastylose de la balustrade de la tribune (2014).

Le site, acquis par le département des Pyrénées-Orientales en 1956, est aujourd’hui protégé dans son environnement naturel. Son isolement (600 m d’altitude, accès pédestre final) et son architecture hybride (schiste local, marbre de Villefranche) en font un témoignage unique de l’art roman catalan. Les chapiteaux du cloître, sauvés in extremis au XIXe siècle, et la tribune-jubé – seule structure de ce type conservée en Roussillon – illustrent le rayonnement des ateliers de Cuxa et Serrabone entre 1130 et 1155.

Les fouilles et études récentes (notamment celles de Marcel Durliat et Olivier Poisson) ont confirmé l’unité stylistique du décor sculpté, lié aux carrières de Bouleternère. La tribune, initialement controversée pour son apparente disproportion avec l’église, est désormais reconnue comme une création originale pour le site. Son iconographie, inspirée des ambons italiens et des jubés clunisiens, reflète une synthèse des influences toscanes, espagnoles et languedociennes propres au Roussillon du XIIe siècle.

Liens externes