Frise chronologique
vers 1020
Fondation du monastère
Fondation du monastère
vers 1020 (≈ 1020)
Par Otte-Guillaume de Bourgogne, dédié à la Vierge.
1029
Rattachement à Cluny
Rattachement à Cluny
1029 (≈ 1029)
Approbation par l’archevêque Hugues de Salins.
1272
Consécration de l’église gothique
Consécration de l’église gothique
1272 (≈ 1272)
Remplaçant la priorale romane.
1688-1708
Reconstruction par Froissard de Broissia
Reconstruction par Froissard de Broissia
1688-1708 (≈ 1698)
Clocher rehaussé, dortoir et cloître embellis.
1790
Fermeture révolutionnaire
Fermeture révolutionnaire
1790 (≈ 1790)
Démolition partielle des bâtiments.
1822
Transformation en séminaire
Transformation en séminaire
1822 (≈ 1822)
Rachat par le diocèse de Saint-Claude.
1863-1866
Reconstruction de l’église
Reconstruction de l’église
1863-1866 (≈ 1865)
Toiture en tuiles vernissées.
1927 et 1998
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1927 et 1998 (≈ 1998)
Église (1927), cloître et escalier (1998).
2009
Fermeture définitive du collège
Fermeture définitive du collège
2009 (≈ 2009)
Fin de l’usage éducatif.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église de l'ancien petit séminaire : inscription par arrêté du 15 juillet 1927 - Le sol, les murs, les voûtes et les arcades des galeries du cloître ; les sols des deux cours du cloître ; le grand escalier avec sa cage et ses décors immeubles par destination ; les deux préaux nord avec l'escalier qui les relie (cad. AB 117) : inscription par arrêté du 27 mai 2002
Personnages clés
| Otte-Guillaume de Bourgogne - Fondateur du prieuré |
Comte de Bourgogne, dota richement le monastère. |
| Jean Ignace Froissard de Broissia - Prieur réformateur (fin XVIIe) |
Reconstruit clocher et bâtiments conventuels. |
| Pierre Claude Froissard - Prieur (fin XVe siècle) |
Rôle éminent dans l’ordre de Cluny. |
| Alfred Ducat - Architecte (XIXe siècle) |
Conçut le château et aménagea le séminaire. |
| Philippe Hartmann - Facteur d’orgues (XXe siècle) |
Créa l’orgue néo-baroque en 1963. |
| Michel Chapuis - Organiste (XXe siècle) |
Inaugura l’orgue en 1963. |
Origine et histoire
Le prieuré Notre-Dame de Vaux-sur-Poligny trouve ses origines au début du XIe siècle, fondé vers 1020 par Otte-Guillaume de Bourgogne comme monastère bénédictin dédié à la Vierge, au Sauveur et à saint Nicolas. Rattaché à l’ordre de Cluny en 1029, il succède à un culte païen voué à une « Dame verte », christianisé par une chapelle abritant une statue miraculeuse de la Vierge en bois. Doté richement par Otte-Guillaume (terres, salines, vignes, moulins), le prieuré reste modeste avec 16 moines au maximum, concurrencé par les abbayes voisines comme Baume-les-Messieurs ou Château-Chalon.
Le monastère connaît plusieurs reconstructions après des incendies (1315, 1479, XVIIe siècle). En 1688, le prieur Jean Ignace Froissard de Broissia entreprend d’importants travaux : rehaussement du clocher, reconstruction des bâtiments conventuels (dortoir pour 17 moines), et embellissement du cloître. Dom Chassignet vante en 1708 sa « magnificence », mais le déclin s’amorce avec la commende (1451) et les conflits internes. La Révolution ferme le prieuré en 1790 ; l’église est démolie, les bâtiments partiellement détruits.
Racheté en 1822 par le diocèse de Saint-Claude, le site devient un petit séminaire après reconstruction. L’église, rebâtie de 1863 à 1866 avec une toiture en tuiles vernissées, est inscrite aux Monuments Historiques en 1927. Le séminaire, transformé en collège privé en 1966, ferme en 2009. Aujourd’hui, l’église appartient à la commune, tandis que les autres bâtiments relèvent d’une association diocésaine. La statue originale de Notre-Dame de Vaux (XIIIe siècle), vénérée comme miraculeuse, est conservée à l’évêché de Saint-Claude.
Le prieuré illustre les mutations religieuses et architecturales du Jura : fondations médiévales clunisiennes, adaptations post-révolutionnaires, et réutilisations éducatives. Son cloître (galeries inscrites en 1998), son escalier monumental, et son orgue néo-baroque (1963) témoignent de ce patrimoine composite. Le site, marqué par la reculée de la Glantine et un parc paysager du XIXe siècle, reste un lieu de mémoire et de concerts, notamment lors des Journées du Patrimoine.