Origine et histoire du Prieuré
Le prieuré Notre‑Dame de Vaux, fondé au début du XIe siècle dans la reculée de Vaux‑sur‑Poligny, est une ancienne maison bénédictine rattachée à l’ordre de Cluny. Le site, traversé par la Glantine, aurait succédé à un culte païen local et la christianisation y aurait établi, avant l’an 1000, une chapelle protégeant une statue vénérée. Selon les chartes, une première église fut consacrée en 1029 ; l’établissement fut confié à Odilon, abbé de Cluny, et son rattachement à Cluny trouve confirmation au début du XIIe siècle. Les dotations se multiplièrent grâce au soutien des seigneurs locaux, qui procurèrent au prieuré terres, vignes, bois, pêcheries, droits salins et revenus divers, et permirent le fonctionnement d’ateliers et d’outils hydrauliques alimentés par la Glantine. Le prieuré resta de taille modeste : sa communauté était théoriquement de seize moines, mais ce nombre varia fortement au fil des crises, comme pendant la peste ou aux XVIIe–XVIIIe siècles. Les prieurs, nommés par l’abbé de Cluny, jouèrent néanmoins un rôle important au sein de l’ordre clunisien et participèrent aux chapitres généraux. L’édifice fut plusieurs fois remanié et reconstruit : une nouvelle église est attestée au XIe siècle, le sanctuaire gothique fut consacré en 1272 et le cloître achevé en 1336 après l’incendie de 1315 ; du patrimoine médiéval subsistent notamment le mur et le portail sud de la chapelle. À la fin du XVIIe siècle, d’importants travaux relevèrent les bâtiments conventuels et le clocher fut rehaussé pour recevoir plusieurs cloches, conférant au prieuré un aspect plus somptueux. Fermé et partiellement démoli à la Révolution, le prieuré fut racheté au début du XIXe siècle et transformé en petit séminaire diocésain, les bâtiments conventuels étant aménagés autour du cloître. L’église actuelle a été reconstruite au milieu du XIXe siècle et couverte de tuiles vernissées ; elle fut inscrite à l’inventaire des monuments historiques en 1927, tandis que d’autres éléments architecturaux, comme la cage d’escalier et les galeries du cloître, ont fait l’objet d’une inscription plus tardive. Expulsé en 1906, le petit séminaire réintégra les lieux en 1922 ; l’établissement fonctionna ensuite comme école catholique à partir de 1966, puis comme collège privé jusqu’à sa fermeture en 2009. La dévotion à Notre‑Dame de Vaux est ancienne : la statue originale, datée du XIIIe siècle, fut longtemps vénérée comme miraculeuse, cachée au moment des lois de séparation, ramenée solennellement dans la chapelle communale en 1910 et restaurée en 1939 ; une copie inspirée de l’original est aujourd’hui exposée sur l’autel, tandis que l’original est conservé à l’évêché de Saint‑Claude. Un château résidentiel fut édifié à l’emplacement d’un ancien moulin par l’abbé Petit et achevé par Louis Milcent avec l’intervention de l’architecte Alfred Ducat et du paysagiste Brice Michel, qui aménagèrent un parc traversé par la Glantine et une cascade de treize mètres ; ce château comporte une chapelle funéraire et est classé. L’orgue de la chapelle communale, instrument néo‑baroque construit par Philippe Hartmann, a été inauguré en 1963 par Michel Chapuis ; financé et entretenu par l’association des Anciens et Amis de Vaux, il contribue aujourd’hui aux concerts et manifestations culturelles organisés sur le site. À proximité subsistent une minoterie établie sur la Glantine depuis le XIXe siècle, une entreprise de transport, une ferme d’élevage bovin exploitant les terres de la reculée et le village de Vaux‑sur‑Poligny un peu en aval. Le cloître et l’église accueillent régulièrement des événements culturels, et le site a été reconnu « site clunisien » en 2010 par la Fédération des sites clunisiens.