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Prieuré de Wariville à Litz dans l'Oise

Patrimoine classé Patrimoine religieux Prieuré

Prieuré de Wariville

    Wariville
    60510 Litz
Propriété privée
Prieuré de Wariville
Prieuré de Wariville
Prieuré de Wariville
Prieuré de Wariville
Prieuré de Wariville
Crédit photo : Guillaume de clermont 60 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1134
Fondation du prieuré
1189
Donation de Raoul Ier de Clermont
1490
Réforme monacale imposée
1565
Pillage par les protestants
1635
Incendie dévastateur
1790
Fermeture à la Révolution
2006
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le prieuré comprenant le bâtiment des hôtes (façades et toitures) , les bâtiments annexes de la cour des hôtes (façades et toitures) , y compris le pigeonnier et les caves médiévales, les sols archéologiques des vestiges du prieuré, les espaces agricoles ceints de murs y compris les murs de clôture, le jardin clos de murs, l'ensemble des communs (habitation et ferme) (façades et toitures) (cad. AC 5 à 9, 12 à 14, 22, 24, 25) : inscription par arrêté du 25 juillet 2006

Personnages clés

Adèle de Bulles - Fondatrice Créa le prieuré en 1134.
Raoul Ier de Clermont - Comte donateur Offrit des droits forestiers (1189).
Alice de Breteuil - Bienfaitrice enterrée sur place Dona 10 muids de blé annuels.
Élisabeth Racine - Prieure (1743–1748) Parente du dramaturge Jean Racine.
Jeanne de Romanet - Prieure (1693) Membre d’une famille noble locale.
Louis XIII - Soutien royal Dona du bois pour reconstruction (1635).

Origine et histoire

Le prieuré de Wariville, affilié à l’ordre de Fontevraud, fut fondé en 1134 par Adèle de Bulles avec l’accord de ses sept enfants, sous l’invocation de Notre-Dame. Situé à Litz (Oise, Hauts-de-France), il bénéficia dès le XIIe siècle de donations majeures, comme des droits de bois en forêt de Hez offerts par Raoul Ier de Clermont (1189) ou des rentes confirmées par sa fille Catherine de Blois. Les religieuses, souvent issues de familles nobles locales, reçurent aussi des privilèges royaux (exemptions militaires, protection juridique) de Philippe Auguste à Charles V.

Au XVe siècle, une réforme s’imposa face au relâchement des mœurs : en 1490, des ecclésiastiques parisiens, mandatés par les ducs de Bourbon, tentèrent de rétablir la discipline. La prieure récalcitrante fut remplacée par dix religieuses venues de Fontevraud, et la clôture fut rétablie. Malgré cela, le prieuré subit pillages (protestants en 1565, ligueurs en 1590) et un incendie dévastateur en 1635, détruisant bâtiments, archives et œuvres d’art. Louis XIII aida à sa reconstruction en octroyant du bois de la forêt de Hez.

À la Rvolution, en 1790, le prieuré abritait encore 39 religieuses. Ses biens, incluant fermes, bois et dîmes dans 15 villages, rapportaient 75 248 livres annuelles. Après sa suppression, les bâtiments furent en partie démolis, ne laissant que des vestiges et des dépendances agricoles. Aujourd’hui, le site, inscrit aux monuments historiques depuis 2006, accueille une ferme et des chambres d’hôtes. Les reliques vénérées (sainte Réparate, saint Primitif) furent transférées aux églises de Clermont et d’Étouy.

L’architecture conservée date surtout du XVIIIe siècle, comme le logis en brique et pierre de la cour des hôtes, ancien accès au monastère. Les fouilles ont révélé des caves médiévales et des murs de clôture. Parmi les prieures marquantes figurent Françoise de Warty (XVIe siècle), Jeanne de Romanet (1693), et Élisabeth Racine (1743–1748), parente du dramaturge. Le prieuré illustre l’influence des réseaux aristocratiques et l’évolution des ordres religieux en Picardie.

Les sources historiques (Debauve & Roussel, 1890) soulignent son rôle économique et spirituel : gestion de terres, asile pour les pauvres le Vendredi saint (interdit en 1783), et lieu de sépulture pour des donateurs comme Alice de Breteuil (†1195). Les conflits religieux et les réformes monarchiques (Table de marbre, 1581) ponctuèrent son histoire, reflétant les tensions entre pouvoir royal, noblesse locale et institution ecclésiastique.

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