Frise chronologique
1101
Première mention du prieuré
Première mention du prieuré
1101 (≈ 1101)
Cité comme couvent bénédictin à Saint-Martin-sur-le-Pré.
1544
Destruction par Charles Quint
Destruction par Charles Quint
1544 (≈ 1544)
Incendie du prieuré, seule la chapelle est épargnée.
1622
Abandon définitif du site
Abandon définitif du site
1622 (≈ 1622)
Transfert des religieuses à Châlons, rue de Vinetz.
1688-1698
Reconstruction du prieuré
Reconstruction du prieuré
1688-1698 (≈ 1693)
Travaux dirigés par Marie Larcher de Chamond.
1er avril 1693
Bénédiction de la chapelle
Bénédiction de la chapelle
1er avril 1693 (≈ 1693)
Achèvement des travaux principaux du XVIIe siècle.
1789
Suppression du couvent
Suppression du couvent
1789 (≈ 1789)
Transformation en ambulance militaire puis manutention.
1978
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1978 (≈ 1978)
Protection des façades, toitures et chapelle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du bâtiment sur rue et de l'aile perpendiculaire sur cour ainsi que la chapelle (cad. AZ 476) : inscription par arrêté du 6 septembre 1978
Personnages clés
| Marie Larcher de Chamond - Prieure au XVIIe siècle |
Dirigea la reconstruction totale du prieuré. |
| Charles Quint - Empereur du Saint-Empire |
Ordonna la destruction du prieuré en 1544. |
| Sieur Augé - Sculpteur du XVIIe siècle |
Réalisa les sculptures du portail en 1699. |
Origine et histoire
Le prieuré des bénédictines de Vinetz, mentionné dès 1101, était initialement situé sur le territoire de Saint-Martin-sur-le-Pré, près de Châlons-en-Champagne. Fondé comme couvent de bénédictines, il dépendait d’abord de l’abbaye de Juilly, puis de celle de Molesmes. Son histoire est marquée par des vicissitudes liées aux guerres, notamment les ravages des troupes anglaises pendant la guerre de Cent Ans et sa destruction en 1544 par l’armée de Charles Quint, qui épargna seulement la chapelle. Les religieuses, contraintes à plusieurs abandons, quittèrent définitivement le site en 1622 pour s’installer à Châlons, dans l’ancien couvent des Récollets, rue de Vinetz.
Au XVIIe siècle, sous l’impulsion de la prieure Marie Larcher de Chamond, le prieuré fut entièrement reconstruit entre 1688 et 1698. La chapelle, bénie en 1693, et les bâtiments conventuels furent édifiés en pierre de Savonnières, avec des sculptures réalisées par le sieur Augé à partir de 1699. Le site, supprimé en 1789, devint ensuite une ambulance militaire, puis un dépôt de vivres jusqu’en 1974. Aujourd’hui, il abrite des services départementaux, dont les archives et un restaurant d’entreprise, tandis que la chapelle accueille des expositions temporaires.
Le prieuré de Vinetz illustre les transformations des établissements religieux en France, passant d’un lieu de vie monastique à un espace administratif et culturel. Son architecture, marquée par des façades en craie et des toits en ardoise, reflète les styles du XVIIe siècle. La plaque datée de 1698 sur le linteau de la porte rue de Vinetz et les sculptures d’Augé rappellent son héritage bénédictin. Le site, classé Monument Historique en 1978 pour ses façades et toitures, reste un témoignage de l’histoire religieuse et civile de Châlons-en-Champagne.
À l’origine, le prieuré était situé en bordure de l’ancien lit de la Marne, dans un hameau comptant jusqu’à 80 habitants au XVIIe siècle. Proche de la voie des Nonnains (disparue en 1955), il était entouré de fermes et dépendait du domaine épiscopal de Châlons. Son déclin fut accéléré par les conflits, notamment les destructions de 1544, qui ne laissèrent debout que la chapelle. Celle-ci, lieu de processions jusqu’à la Révolution, fut finalement démolie en 1813. Le site connut aussi un scandale en 1906, lié à des détournements de vivres dans ses murs, alors utilisés comme manutention militaire.
Aujourd’hui, l’ancien couvent, propriété du département de la Marne, se compose de quatre bâtiments organisés autour d’une cour. La chapelle, au plan allongé et couvert d’ardoise, conserve une façade à pignon découvert. Le corps de bâtiment sur rue, orné d’une corniche à modillons et d’un portique en pan de bois, arbore une plaque de 1698. Les ailes abritent désormais les archives départementales et le service de solidarité, tandis que l’esplanade voisine, place du Forum de l’Europe, symbolise son ancrage contemporain.