Prieuré Notre-Dame d'Availles à Nouaillé-Maupertuis dans la Vienne
Patrimoine classéPatrimoine religieuxPrieuré
Prieuré Notre-Dame d'Availles
Route de Nieuil
86340 Nouaillé-Maupertuis
Propriété privée
Frise chronologique
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
…
2000
XIe siècle
Construction du chœur
Construction du chœur XIe siècle (≈ 1150)
Édification du chœur roman avec voûte en plein cintre et peintures murales.
XIIe siècle
Aménagements grandmontains
Aménagements grandmontains XIIe siècle (≈ 1250)
Modification de la nef et installation des moines de l'ordre de Grandmont.
XVe siècle
Ajout du portail flamboyant
Ajout du portail flamboyant XVe siècle (≈ 1550)
Construction du portail gothique flamboyant sous l'abbatiat de Raoul du Fou.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le portail : classement par arrêté du 8 juillet 1924 ; La chapelle : classement par arrêté du 19 novembre 1943 ; Les restes des bâtiments et spécialement ceux de la sacristie, de la salle capitulaire, de la poterne et de la tour carrée située au sud-est (cad. C 22) : inscription par arrêté du 20 juillet 1972
Personnages clés
Raoul du Fou
Abbé responsable des transformations du XVe siècle et de l'ajout du portail flamboyant.
Louis XI
Roi de France dont les armes figurent sur le portail.
Charlotte de Savoie
Reine de France dont les armes figurent sur le portail.
Origine et histoire du Prieuré Notre-Dame d'Availles
Le prieuré Notre‑Dame d'Availles, installé dans le lieu‑dit Availles à Nouaillé‑Maupertuis, conserve une chapelle romane, un portail gothique flamboyant et les vestiges d'un logis. Il est attesté dès le début du XIIe siècle par des actes de donation et le toponyme Availles, issu du latin Avalia mentionné en 1156, renvoie à sa situation au‑dessus de la vallée du Miosson. Le cartulaire dit Grand‑Gauthier, du XIVe siècle, signale le prieuré et ses moines comme dépendant de l'ordre de Grandmont. Les bâtiments primitifs ont été édifiés par des moines de l'abbaye de Nouaillé‑Maupertuis, distante d'environ deux kilomètres. Le prieuré a connu d'importantes transformations au XVe siècle sous l'abbatiat de Raoul du Fou, dont le portail flamboyant reste l'élément le plus remarquable. Il est resté en activité jusqu'en 1602 ; depuis la fin du Moyen Âge la chapelle est dédiée à saint Blaise et ne servait alors qu'à célébrer une messe annuelle. Les éléments actuels des bâtiments résultent d'édifications postérieures, après les guerres de religion et au XVIIIe siècle ; une tour de défense et un pont mobile datent de ces campagnes.
La chapelle, de style roman, conserve un chœur que Barbier de Montault a daté du XIe siècle ; il présente une voûte en plein cintre et des traces de peintures figurant des personnages et des médaillons animaliers. La nef, voûtée en berceau et composée de deux travées, remonte aux aménagements réalisés lors de l'implantation des moines grandmontains, qui ont modifié l'édifice antérieur. La porte de la chapelle, à l'origine percée en arcs brisés, a été remaniée au XVe siècle et remplacée par un linteau droit.
Le portail, accolé au flanc droit de la chapelle, est un ouvrage gothique flamboyant du XVe siècle — témoignant, selon les sources, du troisième quart de ce siècle — élevé sous l'autorité de Raoul du Fou. Sa baie en accolade est encadrée de contreforts coiffés de pinacles fleuronnés. Deux panneaux situés de part et d'autre de la pointe de l'arc portent respectivement les armes du roi de France Louis XI et de la reine Charlotte de Savoie, tandis que, sous l'arc, l'armoirie de Raoul du Fou (« d'azur à une grande fleur de lys d'argent, portant deux éperviers affrontés de même, becqués et membrés d'or ») est soutenue par deux anges et accompagnée d'une crosse et d'une mitre, rappelant la double fonction de son titulaire.