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Prieuré Notre-Dame de Longefont à Oulches dans l'Indre

Patrimoine classé Patrimoine religieux Prieuré

Prieuré Notre-Dame de Longefont

    Le Bourg36800 Oulches
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1110
Fondation du prieuré
1638
Incendie criminel
1792-1796
Fermeture et vente révolutionnaire
1853
Transformation en château
2007
Classement monument historique
2015
Fin de la restauration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Tous les vestiges en élévation et les sols de l'ancien prieuré (cad. H 191, 192, 194, lieudit Le Clos ; 195, 200, 201, lieudit Longefont) : inscription par arrêté du 22 février 2007

Personnages clés

Pierre Isambert - Seigneur de Cors Fondateur et donateur du prieuré
Robert d'Arbrissel - Fondateur de l'ordre de Fontevraud Bénéficiaire du don initial
Prosper Blanchemain - Propriétaire au XIXe siècle Transforma le manoir en château
François et Agnès Chombart de Lauwe - Propriétaires-restaurateurs (XXIe) Sauvetage de l'église et chapiteaux

Origine et histoire du Prieuré Notre-Dame de Longefont

Le prieuré Notre-Dame de Longefont fut fondé vers 1110 par Pierre Isambert, seigneur de Cors, qui en fit don à Robert d'Arbrissel, fondateur de l'ordre de Fontevraud. Initialement nommé Abbatia Longi Fontis (abbaye de la Grande-Fontaine), ce prieuré féminin s'implanta dans une boucle de la Creuse, sur des terres offertes par la noblesse locale. L'église, édifiée après 1140, adopta un plan simple avec nef unique et chœur en hémicycle, caractéristique de l'architecture romane monastique.

Un incendie criminel ravagea le prieuré en 1638, épargnant seulement l'église mais contraignant les religieuses à une errance de dix ans entre les châteaux de Cors et d'Argenton-sur-Creuse. La Révolution française scella son sort : fermé en 1792, vendu comme bien national en 1793-1796, l'édifice tomba en ruine jusqu'à l'effondrement de sa voûte en 1830. Les chapiteaux romans et fresques furent alors ensevelis sous les décombres, tandis que les bâtiments conventuels furent partiellement démolis ou réaménagés.

Au XIXe siècle, Prosper Blanchemain acquit le domaine en 1853 et transforma le manoir prieural en un petit château néogothique, ajoutant tourelles et surélévations. Son fils, Paul Blanchemain, héritier du lieu, l'intégra ensuite à sa propriété de Castel-Biray. Ce n'est qu'au début des années 2000 que François et Agnès Chombart de Lauwe entreprirent une restauration majeure de l'église, exhumant chapiteaux, colonnes et autel après huit ans de travaux (2007-2015). Leur engagement, financé à 70 % sur fonds propres, leur valut le Grand Trophée de la plus belle restauration en 2016.

Aujourd'hui, le site conserve des vestiges emblématiques : le manoir prieural du XVIIIe siècle, la maison du confesseur surplombant la Creuse, une grange des XVIIe-XVIIIe siècles, et les traces du cloître. L'église, désormais dédiée à sainte Philomène, arbore des vitraux bleus évoquant l'eau, en hommage à une fille des propriétaires décédée en 1998. Le prieuré illustre ainsi une histoire millénaire, marquée par la foi, les bouleversements politiques et la passion patrimoniale.

Les fouilles et études récentes ont mis au jour des éléments remarquables, comme un jubé des XVIe-XVIIIe siècles ou un cadran solaire médiéval gravé sur pierre. Ces découvertes, couplées à la restauration des fresques et de la fontaine bleue, offrent un témoignage rare de la vie monastique fontevriste en Berry. Le prieuré, ouvert à la visite, incarne désormais la résilience d'un patrimoine sauvé de l'oubli par l'action conjuguée de l'État (classement de 2007) et de mécènes privés.

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