Frise chronologique
Ier siècle
Villa gallo-romaine
Villa gallo-romaine
Ier siècle (≈ 150)
Remplace une ferme gauloise sur le site.
Ve-VIe siècle
Basilique funéraire
Basilique funéraire
Ve-VIe siècle (≈ 650)
Transformation en lieu chrétien tardif.
Début XIe siècle
Première mention écrite
Première mention écrite
Début XIe siècle (≈ 1104)
Dîme cédée au chapitre de Forcalquier.
Début XIIe siècle
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
Début XIIe siècle (≈ 1204)
Dépend de l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon.
Fin XIIe siècle
Reconstruction de l’église romane
Reconstruction de l’église romane
Fin XIIe siècle (≈ 1295)
Édifice actuel à deux nefs.
XVIe siècle
Prieuré en commende
Prieuré en commende
XVIe siècle (≈ 1650)
Pratique administrative ecclésiastique.
XIIIe-XVIIe siècle
Extensions architecturales
Extensions architecturales
XIIIe-XVIIe siècle (≈ 1750)
Logis, grange et mur d’enceinte ajoutés.
30 janvier 1922
Classement de la chapelle
Classement de la chapelle
30 janvier 1922 (≈ 1922)
Protection au titre des monuments historiques.
1980
Inscription des bâtiments conventuels
Inscription des bâtiments conventuels
1980 (≈ 1980)
Façades et toitures protégées.
1981
Ouverture du musée ethnologique
Ouverture du musée ethnologique
1981 (≈ 1981)
Installation dans le prieuré désaffecté.
1983-1992
Restauration majeure
Restauration majeure
1983-1992 (≈ 1988)
Travaux incluant les vitraux.
1998
Création des vitraux par Aurélie Nemours
Création des vitraux par Aurélie Nemours
1998 (≈ 1998)
Œuvre abstraite au rouge sélénium.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle (cad. C 323) : classement par décret du 30 janvier 1922 ; Façades et toitures des communs (cad. C 323) : inscription par arrêté du 1er décembre 1980 ; Façades et toitures des bâtiments conventuels ; escalier à vis ; cour caladée (cad. C 323) : classement par arrêté du 1er décembre 1980
Personnages clés
| Aurélie Nemours - Artiste verrière |
A créé les vitraux en 1998. |
Origine et histoire
Le prieuré Notre-Dame de Salagon, situé à Mane dans les Alpes-de-Haute-Provence, est un monument roman dont les origines remontent à une villa gallo-romaine du Ier siècle, transformée en basilique funéraire entre le Ve et le VIe siècle. Les premiers textes écrits mentionnant le site datent du XIe siècle, lorsque la dîme de Salagon est cédée au chapitre de Forcalquier. Au début du XIIe siècle, Salagon devient un prieuré dépendant de l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon. L’église romane actuelle, à deux nefs, est reconstruite dans le dernier quart du XIIe siècle, marquant le début de sa structure visible aujourd’hui.
Entre le XIIIe et le XVIIe siècle, le prieuré s’enrichit d’un logis prieural, d’une grange et d’un mur d’enceinte. Au XVIe siècle, il est donné en commende, une pratique courante à l’époque pour les abbayes et prieurés. La chapelle, classée monument historique en 1922, et les bâtiments conventuels, inscrits en 1980, témoignent de cette évolution architecturale et religieuse. Une restauration majeure entre 1983 et 1992 a permis de remplacer les verrières par des vitraux abstraits créés par Aurélie Nemours en 1998, ajoutant une touche contemporaine à ce patrimoine médiéval.
La façade occidentale, en pierre de taille, se distingue par son portail richement orné de colonnes torsadées et de chapiteaux à feuilles d’acanthe, ainsi que par un oculus central à motifs quadrilobés. À l’intérieur, la nef, rythmée par des arcs ogivaux, et le chœur, décoré de colonnettes cannelées, reflètent l’influence de l’art roman provençal. Les vitraux d’Aurélie Nemours, utilisant un rouge au sélénium innovant, dialoguent avec la lumière naturelle pour créer une ambiance unique. Depuis 1981, le prieuré abrite le musée départemental ethnologique de Haute-Provence, offrant un voyage à travers l’histoire locale et régionale.
L’histoire de Salagon est aussi celle d’une occupation continue, depuis la ferme gauloise jusqu’au prieuré médiéval, en passant par la villa gallo-romaine. Ce lieu, marqué par des transformations architecturales et religieuses, illustre les mutations sociales et culturelles de la Provence à travers les siècles. Aujourd’hui, il allie préservation patrimoniale et valorisation muséographique, tout en restant un témoignage vivant de l’art et de la spiritualité médiévale.