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Prieuré Notre-Dame de Vausse à Châtel-Gérard dans l'Yonne

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Prieuré
Eglise romane
Yonne

Prieuré Notre-Dame de Vausse

    Forêt Saint-Jean
    89310 Châtel-Gérard
Propriété privée
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Prieuré Notre-Dame de Vausse
Crédit photo : Patrick89 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
début XIIIe siècle
Fondation par Anséric de Montréal
1477
Fin de la protection ducale
1491-1511
Construction du cloître
1763
Départ du dernier moine
1792
Vente comme bien national
1858
Fin de la faïencerie
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'église et le cloître (à l'exception de l'aile occidentale) : inscription par arrêté du 11 janvier 1944

Personnages clés

Anséric de Montréal - Fondateur et seigneur Baron bourguignon, donateur des terres en 1200
Guy Bousson - Prieur au XVe siècle Initia la construction du cloître en 1491
Claude de la Magdelaine de Ragny - Prieur commendataire (XVIIe) Évêque d’Autun, tenta des réformes
Joseph Dumortier - Industriel (Rvolution) Acheteur et transformateur en faïencerie
Ernest Petit - Historien (1835-1918) Restaura le prieuré, y écrivit ses œuvres

Origine et histoire

Le prieuré Notre-Dame de Vausse fut fondé au début du XIIIe siècle par Anséric de Montréal, baron bourguignon proche du duc Eudes III. Installé dans un lieu sauvage de la forêt de Châtel-Gérard, il dépendait de l’abbaye du Val des Choues et bénéficia de la protection des seigneurs de Montréal puis des ducs de Bourgogne. Les moines, au nombre d’une vingtaine, vivaient selon une règle mêlant influences bénédictines, cisterciennes et chartreuses. Leur réputation de sainteté attira des dons nombreux, assurant la prospérité du prieuré jusqu’au XVe siècle.

Au XVe siècle, malgré des travaux d’agrandissement (cloître achevé en 1511), le déclin s’amorça avec la raréfaction des vocations et des dons. Au XVIe siècle, la commende – nomination des prieurs par le roi plutôt que par les moines – accéléra la décadence. Les prieurs commendataires, souvent absents, négligèrent la gestion, tandis que les moines, moins nombreux, perdirent leur rigueur. Un incendie au XVIIIe siècle endommagea l’aile orientale, et en 1763, le dernier moine quitta Vausse pour l’abbaye mère.

À la Révolution, le prieuré fut vendu comme bien national et transformé en faïencerie par Joseph Dumortier en 1792. Le clocher fut démoli, l’église aménagée en atelier avec un four, et la production de faïence (vaisselle, pots de pharmacie) dura jusqu’en 1858. L’historien Ernest Petit, né sur place en 1835, racheta ensuite le site, le restaura partiellement, et en fit son cabinet de travail. Il y rédigea une centaine d’ouvrages, dont une histoire complète des ducs de Bourgogne.

Aujourd’hui, le prieuré est préservé par les descendants d’Ernest Petit et l’association Vausse Animation. Les bâtiments, centrés autour d’un cloître carré du XVe siècle et d’une église du XIIIe siècle (33 m de long), témoignent de son architecture monastique. L’église, à nef voûtée d’ogives, conserve des traces de ses transformations (plancher révolutionnaire, four à faïence). Le site, partiellement classé Monument Historique en 1944, accueille des visites culturelles et des événements.

L’histoire de Vausse illustre les cycles de prospérité et de déclin des prieurés médiévaux, marqués par les aléas politiques (fin des ducs de Bourgogne en 1477), les réformes religieuses (commende), et les bouleversements révolutionnaires. Son sauvetage par la faïencerie, puis par l’engagement d’Ernest Petit, en fait un exemple rare de patrimoine à la fois religieux, industriel et intellectuel.

Liens externes