Frise chronologique
XIIe siècle
Fondation attestée
Fondation attestée
XIIe siècle (≈ 1250)
Premières mentions du prieuré bénédictin.
Années 1680
Reconstruction mauriste
Reconstruction mauriste
Années 1680 (≈ 1680)
Bâtiments actuels édifiés par les Mauristes.
1726
Conflit de possession
Conflit de possession
1726 (≈ 1726)
Dom Rouaud récupère le prieuré après procès.
1926
Fin de la sous-préfecture
Fin de la sous-préfecture
1926 (≈ 1926)
Le prieuré cesse d’abriter l’administration.
6 juillet 1987
Classement MH
Classement MH
6 juillet 1987 (≈ 1987)
Façades, ailes et jardin protégés.
21 février 2005
Ouverture du Centre du patrimoine immatériel
Ouverture du Centre du patrimoine immatériel
21 février 2005 (≈ 2005)
Aile nord restaurée et réaffectée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures des ailes Est et Sud du bâtiment ; ailes Nord et Ouest ; jardin attenant (cad. AB 40, 41) : classement par arrêté du 6 juillet 1987
Personnages clés
| Isaac Hay (1561–1631) - Prieur commendataire |
Ancien protestant, fonda messes et aumônes. |
| Siméon Hay du Chastelet - Dernier prieur séculier |
Céda le prieuré aux Mauristes en 1658. |
| Dom Auffray Le Vayer - Prieur et abbé |
Dirigea le prieuré à deux reprises (1507, 1511). |
| Dom René-Jean Rouaud - Prieur contesté |
Récupéra le prieuré après un procès en 1726. |
| Dom Joseph Malherbe - Dernier prieur avant 1789 |
Dirigea le prieuré jusqu’à la Révolution. |
Origine et histoire
Le prieuré Notre-Dame de Vitré, attesté dès le XIIe siècle, fut reconstruit dans les années 1680 par les Bénédictins Mauristes. Ce monastère urbain, situé au point le plus élevé de la ville close, rompt avec les plans conventuels traditionnels : le cloître est intégré aux ailes, et le prieuré n’est pas accolé à l’église Notre-Dame, mais relié par la sacristie. Son architecture reflète la sobriété et la symétrie typiques de la congrégation de Saint-Maur, avec des galeries de cloître non en appentis mais intégrées aux bâtiments.
Au XVIIe siècle, le prieuré devient un lieu de pouvoir civil : il abrite le tribunal et la sous-préfecture jusqu’en 1926, avant d’accueillir uniquement le tribunal d’instance. Classé monument historique en 1987, le site est partiellement restauré au XXIe siècle. Depuis 2005, l’aile nord abrite le Centre français du patrimoine culturel immatériel, antenne de la Maison des cultures du monde. Les modifications du XIXe siècle incluent des combles refaits, un parc à l’ouest, et un fronton néo-Renaissance orné des armes de la ville.
Le prieuré fut dirigé par des prieurs commendataires jusqu’au XVIIe siècle, date à laquelle les Mauristes en prennent le contrôle. Parmi eux, Isaac Hay (1561–1631), ancien protestant converti, marqua l’histoire du lieu en y fondant des messes et des distributions aux pauvres. Son neveu, Siméon Hay du Chastelet, fut le dernier prieur séculier avant la cession aux Mauristes en 1658. Les revenus du prieuré provenaient notamment des dîmes de La Bouëxière, Chevré et Sevailles, attestées aux XVIIe et XVIIIe siècles.
L’ensemble architectural, propriété de la commune, comprend un cloître carré ouvert par des arcades en plein-cintre, une salle lambrissée classée au titre des objets mobiliers, et des façades protégées depuis 1987. Son emplacement stratégique, dominant la Vilaine et la ville close, en fait un élément central du secteur sauvegardé de Vitré, associé à l’église Notre-Dame et au château fort voisin.
Les sources historiques, comme les Mémoires de Dom Morice (1742–1746), documentent la liste des prieurs et les transformations du site. Le prieuré illustre ainsi l’évolution des monastères urbains, passant de lieu religieux à bâtiment administratif, avant de devenir un espace dédié à la préservation du patrimoine immatériel.