Origine et histoire du Prieuré Notre-Dame
Le prieuré Notre-Dame de Vitré, attesté dès le XIIe siècle, fut reconstruit dans les années 1680 par les Bénédictins Mauristes. Ce monastère urbain, situé au point le plus élevé de la ville close, rompt avec les plans conventuels traditionnels : le cloître est intégré aux ailes, et le prieuré n’est pas accolé à l’église Notre-Dame, mais relié par la sacristie. Son architecture reflète la sobriété et la symétrie typiques de la congrégation de Saint-Maur, avec des galeries de cloître non en appentis mais intégrées aux bâtiments.
Au XVIIe siècle, le prieuré devient un lieu de pouvoir civil : il abrite le tribunal et la sous-préfecture jusqu’en 1926, avant d’accueillir uniquement le tribunal d’instance. Classé monument historique en 1987, le site est partiellement restauré au XXIe siècle. Depuis 2005, l’aile nord abrite le Centre français du patrimoine culturel immatériel, antenne de la Maison des cultures du monde. Les modifications du XIXe siècle incluent des combles refaits, un parc à l’ouest, et un fronton néo-Renaissance orné des armes de la ville.
Le prieuré fut dirigé par des prieurs commendataires jusqu’au XVIIe siècle, date à laquelle les Mauristes en prennent le contrôle. Parmi eux, Isaac Hay (1561–1631), ancien protestant converti, marqua l’histoire du lieu en y fondant des messes et des distributions aux pauvres. Son neveu, Siméon Hay du Chastelet, fut le dernier prieur séculier avant la cession aux Mauristes en 1658. Les revenus du prieuré provenaient notamment des dîmes de La Bouëxière, Chevré et Sevailles, attestées aux XVIIe et XVIIIe siècles.
L’ensemble architectural, propriété de la commune, comprend un cloître carré ouvert par des arcades en plein-cintre, une salle lambrissée classée au titre des objets mobiliers, et des façades protégées depuis 1987. Son emplacement stratégique, dominant la Vilaine et la ville close, en fait un élément central du secteur sauvegardé de Vitré, associé à l’église Notre-Dame et au château fort voisin.
Les sources historiques, comme les Mémoires de Dom Morice (1742–1746), documentent la liste des prieurs et les transformations du site. Le prieuré illustre ainsi l’évolution des monastères urbains, passant de lieu religieux à bâtiment administratif, avant de devenir un espace dédié à la préservation du patrimoine immatériel.