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Prieuré Notre-Dame et Saint-Étienne de Villiers à Villeloin-Coulangé en Indre-et-Loire

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Prieuré

Prieuré Notre-Dame et Saint-Étienne de Villiers

    330 Villiers
    37460 Villeloin-Coulangé
Propriété d'une société privée
Prieuré Notre-Dame et Saint-Étienne de Villiers
Prieuré Notre-Dame et Saint-Étienne de Villiers
Prieuré Notre-Dame et Saint-Étienne de Villiers
Prieuré Notre-Dame et Saint-Étienne de Villiers
Crédit photo : Joël Thibault - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1157
Arrivée des premiers ermites
1162
Fondation officielle par Henri II
1189
Confirmation des dons par Richard Cœur de Lion
1317
Réorganisation de l'ordre de Grandmont
1495
Introduction de la commende
1780
Destruction partielle par le commendataire
1980
Renaissance monastique
1988
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le prieuré (cad. YC 4) : inscription par arrêté du 8 novembre 1988

Personnages clés

Henri II Plantagenêt - Fondateur et bienfaiteur Roi d’Angleterre, comte de Touraine.
Saint Étienne de Muret - Fondateur de l’ordre de Grandmont Inspirateur de la règle monastique.
Richard Cœur de Lion - Protecteur du prieuré Confirma les dons paternels en 1189.
Louis-Jacques de Baraudin - Dernier commendataire Responsable des destructions de 1780.
Philippe-Étienne Permentier - Rénovateur de la vie monastique Prieur depuis 1980, ordonné en 1979.
François-Xavier Branicki - Propriétaire au XIXe siècle Racheta le prieuré en 1851.

Origine et histoire

Le prieuré Notre-Dame et Saint-Étienne de Villiers, situé à Villeloin-Coulangé près de Loches, fut fondé en 1162 par Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre et comte de Touraine. Ce monastère appartenait à l’ordre de Grandmont, un ordre érémitique né en Limousin au début du XIIe siècle sous l’impulsion de saint Étienne de Muret. Henri II, élevé dans la vénération du fondateur, y installa douze ermites en 1157 avant de confirmer ses dons en 1162 : une rente annuelle et des terres. Les bâtiments, construits vers 1170, suivaient le plan traditionnel grandmontain, avec une église, un cloître en bois (détruit ultérieurement), et des espaces communautaires.

Au Moyen Âge, le prieuré connut des périodes de prospérité et de déclin. En 1189, Richard Cœur de Lion confirma les dons paternels avant de partir en croisade. En 1295, la communauté comptait une vingtaine de frères, mais la peste noire et les guerres (notamment les raids des Anglo-Navarrais en 1358-1360) réduisirent ses effectifs. Malgré la visite de Charles IV le Bel en 1323, le prieuré souffrit de la commende à partir de 1495, système qui vidait les monastères de leur substance au profit de nobles séculiers. En 1772, ses revenus furent transférés au séminaire de Tours, et les derniers moines quittèrent les lieux en 1780 après la destruction partielle des bâtiments par le commendataire Louis-Jacques de Baraudin.

Vendu comme bien national en 1792, le prieuré devint une exploitation agricole avant d’être racheté en 1851 par la famille Branicki, propriétaires du château de Montrésor. Abandonné après 1963, il fut loué en 1980 à une communauté d’ermites grandmontains, relançant sa vocation spirituelle. Aujourd’hui, le site, partiellement restauré, abrite une petite communauté monastique et se visite certains dimanches. L’aile sud, préservée, sert de résidence, tandis que la chapelle accueille des offices. Le prieuré reste un lieu de prière et de recueillement, fidèle à la règle de silence prônée par saint Étienne de Muret.

L’architecture, marquée par des destructions successives (cloître ruiné en 1650, nef effondrée en 1902), conserve des éléments roman du XIIe siècle. L’aile est abritait le dortoir des moines, tandis que l’aile sud combinait réfectoire (rez-de-chaussée) et cellules (étage). Des transformations eurent lieu aux XVe et XVIIe siècles, mais l’isolement forestier du site, caractéristique des implantations grandmontaines, a préservé son atmosphère contemplative. Classé monument historique en 1988, le prieuré illustre l’histoire mouvementée des ordres monastiques en Touraine.

La renaissance spirituelle du prieuré au XXe siècle est liée à Philippe-Étienne Permentier, ordonné prêtre en 1979 par Mgr Alix (évêque du Mans). Installé d’abord en Sarthe, il obtint en 1980 l’autorisation de rétablir une communauté à Villiers, avec deux compagnons. Les frères, vivant de l’exploitation d’un petit domaine, restaurèrent partiellement la chapelle et l’aile sud. Leur vie suit la Règle de Grandmont, axée sur la prière, le silence et le travail manuel. Chaque année, ils participent au pèlerinage d’Ambazac (Limousin), sur les lieux de vie de saint Étienne de Muret.

Liens externes