Frise chronologique
XIe siècle
Fondation bénédictine
Fondation bénédictine
XIe siècle (≈ 1150)
Don d’un seigneur de Tonnay-Charente
1232
Don de la forêt de Chafert
Don de la forêt de Chafert
1232 (≈ 1232)
Libéralité d’Hugues de Tonnay
XVIe siècle
Passage en commende
Passage en commende
XVIe siècle (≈ 1650)
Guerres de Religion (1585-1586)
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Transformation en exploitation agricole
1920
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1920 (≈ 1920)
Protection des ruines romanes
1994-2003
Restauration et ouverture culturelle
Restauration et ouverture culturelle
1994-2003 (≈ 1999)
Création du centre d’art contemporain
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Abbaye (ruines de l'ancienne) : classement par arrêté du 20 décembre 1920
Personnages clés
| Hugues de Tonnay - Seigneur de Tonnay-Charente |
Dona la forêt de Chafert (1232) |
| Geoffroy de Tonnay - Seigneur successeur |
Accorda des droits de chasse |
| François-Louis de Polastron - Prieur commendataire (1698) |
Évêque de Lectoure |
| Olivier-François de Fourcy - Dernier prieur commendataire |
Accusé de négligence (1760) |
| Richard Texier - Artiste contemporain |
Auteur des vitraux modernes |
Origine et histoire
Le prieuré Saint-Jean-l'Évangéliste de Trizay, fondé au XIe siècle par un seigneur de Tonnay-Charente, fut une dépendance de l’abbaye de la Chaise-Dieu. Implanté sur une éminence dominant les marais de l’Arnoult, il bénéficia de dons successifs des seigneurs locaux, comme la forêt de Chafert en 1232 ou des droits de chasse au XIIIe siècle. À son apogée, il abritait jusqu’à douze moines et étendait son influence jusqu’aux paroisses de Marans et Saint-Just.
Au XVIe siècle, le prieuré passa sous le régime de la commende, marqué par les guerres de Religion (1585-1586). Transformé en citadelle, il subit incendies et destructions partielles, mal réparées par la suite. En 1698, le prieur François-Louis de Polastron, évêque de Lectoure, en fut le commendataire, mais en 1712, un seul moine y résidait encore, logeant finalement à Tonnay-Charente devant l’état de délabrement des lieux. Un procès en 1760 révéla une église à demi ruinée et des bâtiments conventuels utilisés comme écuries.
Vendu comme bien national en 1791, le prieuré devint une exploitation agricole, tandis que son église, réduite à son chevet, servit de paroisse jusqu’en 1843. Classé monument historique en 1920, il fut restauré à partir de 1994 et transformé en centre d’art contemporain en 2003. Aujourd’hui, ses vestiges roman — chapelle axiale, absidioles et salle capitulaire du XIIIe siècle — abritent expositions et œuvres modernes, comme les vitraux de Richard Texier ou les sculptures d’André Bémant.
L’architecture du prieuré révèle une église romane originale, construite sur un plan octogonal centré, inspiré de Saint-Michel-d’Entraigues près d’Angoulême. Les chapiteaux sculptés (lions, entrelacs) et les voûtes en cul-de-four de la chapelle axiale (12 m de haut) témoignent de son faste passé. La salle capitulaire, aux arcs polylobés, et le dortoir des moines, orné de fresques du XVe siècle, complètent cet ensemble remarquable. Le cloître, disparu, a laissé des traces archéologiques suggérant une galerie à trois côtés, une disposition rare.
Le site, inscrit aux « trésors de Saintonge », mêle patrimoine médiéval et création contemporaine. Les bâtiments conventuels — cellier voûté, réfectoire aux peintures murales des quatre évangélistes — et les sépultures découvertes (XIIIe–XIVe siècles) rappellent son rôle spirituel et seigneurial. Depuis 2003, le centre d’art y organise des expositions temporaires, mettant en dialogue l’histoire du lieu avec des œuvres d’artistes internationaux comme Kim En Joong ou Hassan Massoudy.