Frise chronologique
Fin XIe siècle (vers 1080)
Fondation attestée
Fondation attestée
Fin XIe siècle (vers 1080) (≈ 1195)
Premier texte mentionnant le prieuré et son prieur.
1259
Première mention du nom
Première mention du nom
1259 (≈ 1259)
Apparition de « Montem Sempronium » dans les écrits.
1561
Sécularisation
Sécularisation
1561 (≈ 1561)
Fin de la vie monastique, passage aux chanoines.
XVIe siècle
Guerres de Religion
Guerres de Religion
XVIe siècle (≈ 1650)
Église utilisée par catholiques et réformés.
1790-1795
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1790-1795 (≈ 1793)
Destruction partielle et changement d’usage.
2009
Classement complet
Classement complet
2009 (≈ 2009)
Protection du prieuré et de ses abords.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancien prieuré en totalité, avec l'ancienne aire de cloître et sa galerie néo-gothique vitrée à l'ouest (cad. AI 323, 572) : classement par arrêté du 20 janvier 2009 - Les sols avoisinant le prieuré (parcelles AI 146, 323, 324, 372) ainsi que l'aile des communs du XVIIIe siècle s'étendant à l'ouest de ce prieuré (cad. AI 578, 577) : inscription par arrêté du 20 janvier 2009
Personnages clés
| Géraud de Gourdon - Évêque de Cahors |
Cité dans le texte fondateur (fin XIe siècle). |
| Pierre de Cisière - Abbé de Saint-Géraud d’Aurillac |
Signataire du document de fondation (vers 1080). |
| Jean de Secondat - Prieur (XVIe siècle) |
Membre de la famille de Montesquieu. |
| Jean de l’Albrespy - Prieur (fin XVe siècle) |
Porte plainte pour banditisme en 1469. |
| Léon de Saulx de Tavannes - Prieur commendataire (XVIIIe siècle) |
Derniers prieurs non résidents avant la Révolution. |
| Geoffroy de Vivans - Capitaine protestant |
Père de Jean de Vivans, influent sur le prieuré. |
Origine et histoire
Le Prieuré Saint-Géraud de Monsempron-Libos est un ancien prieuré bénédictin fondé au XIe siècle, dépendant de l’abbaye d’Aurillac. Il est mentionné pour la première fois dans un texte de 1081-1089, confirmant son existence sous l’autorité de l’évêque de Cahors Géraud de Gourdon et de l’abbé d’Aurillac Pierre de Cisière. Le prieuré, de type régulier, suivait la règle bénédictine et était dirigé par des prieurs nommés par l’abbé d’Aurillac. Son nom de « Montem Sempronium » apparaît en 1259, et une bulle papale de 1299 confirme son appartenance à l’abbaye d’Aurillac.
L’église, dédiée à saint Géraud puis aussi à saint Eutrope à partir de 1601, présente une architecture romane marquée par trois campagnes de construction : une crypte et une nef primitive du XIe siècle, une reconstruction au XIIe siècle avec un chevet trilobé et des coupoles, et des remaniements aux XVIe et XVIIe siècles (voûtes, clocher, portail). Le prieuré, organisé en plan en U autour d’un cloître, conserve une galerie du XIIIe siècle et des fenêtres du XVIe siècle. Pendant les guerres de Religion, l’église fut utilisée simultanément pour les cultes catholique et réformé.
Le prieuré connut une histoire mouvementée : sécularisé en 1561 après la dissolution du chapitre d’Aurillac, il fut affecté par les guerres de Religion et le banditisme (plainte du prieur Jean de l’Albrespy en 1469). Au XVIIIe siècle, les prieurs commendataires, comme Léon de Saulx de Tavannes, ne résidaient plus sur place. Après la Révolution, l’aile est devint un presbytère, tandis que les autres parties furent vendues comme biens nationaux. L’aile ouest, détruite au XIXe siècle, laissa place à une école de filles dirigée par les Filles de la Croix à partir de 1859. Aujourd’hui, le château prieural appartient à la commune et accueille des expositions, tandis que l’église Saint-Géraud reste un lieu de culte paroissial.
Parmi les prieurs notables, Jean de Secondat (XVIe siècle) appartient à la famille de Montesquieu. Le prieuré possédait des dépendances comme les prieurés de Cuzorn et Saint-Front-sur-Lémance, ainsi que des forges et le port d’Arribos (devenu Libos). Les revenus du prieuré, estimés à 1 000 livres au XVIIIe siècle, reflètent son importance économique dans la région. Classé Monument Historique en 1848 pour l’église et en 2009 pour le prieuré, le site allie patrimoine religieux et histoire locale.
Les sources archéologiques et textuelles révèlent cinq phases de construction pour le bâtiment conventuel, entre le XIIe siècle et la Révolution. Des graffitis des guerres de Religion (XVIe siècle) et des modifications architecturales (division du réfectoire, escalier en vis) témoignent de son évolution. Après 1906, la séparation des Églises et de l’État entraîna le départ du curé de l’aile est, transformée en logements jusqu’en 1974. Les restaurations depuis 1989 ont permis de préserver ce patrimoine, aujourd’hui partagé entre usage culturel et religieux.