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Prieuré Saint-Jean-en-Grève de Blois dans le Loir-et-Cher

Patrimoine classé Patrimoine religieux Prieuré

Prieuré Saint-Jean-en-Grève de Blois

  • Boulevard Eugène Riffault
  • 41000 Blois
Propriété d'une association
41000 Blois, Boulevard Eugène Riffault

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1089
Fondation du prieuré
XIIIe siècle
Reconstruction des bâtiments
1642
Déclin monastique
1697
Perte de juridiction
1760
Destruction partielle
1992
Classement du cellier
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Cellier (cad. CW 175) : inscription par arrêté du 11 août 1992

Personnages clés

Thibaud III - Comte de Blois Céda le terrain pour le prieuré (fin XIe).
Étienne de Blois - Comte de Blois, fils de Thibaud III Signa la charte de fondation en 1089.
Gelduin (ou Guelduin) - Vassal d’Eudes II, fondateur de Pontlevoy À l’origine de l’abbaye mère du prieuré.
Eudes II de Blois - Comte de Blois (début XIe) Donna Chaumont/Pontlevoy à Gelduin.

Origine et histoire du Prieuré Saint-Jean-en-Grève

Le prieuré Saint-Jean-en-Grève, situé à l’est de Blois sur la rive droite de la Loire, fut fondé vers 1089 par le comte Étienne de Blois, fils de Thibaud III. Ce dernier avait cédé un terrain aux moines de l’abbaye de Pontlevoy pour y établir un prieuré conventuel, à condition qu’au moins 7 moines y résident en permanence. La charte de fondation de 1089 confirme des dons prestigieux : deux moulins sur le pont Saint-Louis, la dîme du marché aux légumes, des droits de pêche dans la Loire, et l’exploitation libre des forêts comtales. Ces privilèges visaient à assurer l’autonomie économique du prieuré, lié à l’ordre bénédictin.

Au XIIIe siècle, les bâtiments furent reconstruits, mais les guerres de Religion (XVIe siècle) causèrent leur destruction partielle. Dès 1642, un seul moine occupait encore les lieux, marquant le déclin de la communauté. En 1697, le prieuré perdit sa juridiction sur le bourg Saint-Jean au profit de la cathédrale de Blois. Au XVIIIe siècle, la plupart des ruines furent démolies pour construire le grand séminaire, ne laissant subsister qu’un cellier voûté du XIIIe siècle, remanié ultérieurement. Ce cellier, classé monument historique en 1992, est aujourd’hui le seul vestige visible du prieuré.

La Révolution française acheva la dissolution du prieuré : la chapelle fut rasée, tandis que les terres et bâtiments restants furent vendus à des particuliers. Au XIXe siècle, les structures subsistantes furent profondément transformées. Depuis le XXe siècle, le site abrite un foyer de réinsertion géré par l’association Saint-Joseph, qui a restauré le cellier médiéval. Son histoire reflète les bouleversements religieux et politiques de la région, depuis sa fondation comtale jusqu’à sa reconversion contemporaine.

Le prieuré tirait son nom de sa localisation en « grève » (zone sableuse ou caillouteuse près de la Loire), dans le faubourg Saint-Jean. Ce quartier, né autour du prieuré, illustre l’influence des établissements religieux dans l’urbanisation médiévale de Blois. Les privilèges accordés en 1089 – droits de pêche, dîmes, exploitation forestière – témoignent de l’importance économique des prieurés comme relais des grandes abbayes, ici Pontlevoy, fondée au XIe siècle par Gelduin, vassal du comte Eudes II de Blois.

Liens externes

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