Première mention écrite 1108 (≈ 1108)
Le prieuré est cité comme dépendance de l'abbaye de Déols.
Première moitié du XIIe siècle
Construction du prieuré
Construction du prieuré Première moitié du XIIe siècle (≈ 1225)
Les éléments conservés indiquent une construction datée de cette période.
Fin du XIIe siècle
Église priorale paroissiale
Église priorale paroissiale Fin du XIIe siècle (≈ 1295)
L'église devient paroissiale à cette période.
2 avril 1562
Pillage du prieuré
Pillage du prieuré 2 avril 1562 (≈ 1562)
Le prieuré est pillé lors des guerres de Religion.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national 1791 (≈ 1791)
Le prieuré est vendu lors de la Révolution française.
1832
Cadastre napoléonien
Cadastre napoléonien 1832 (≈ 1832)
Seul le chœur subsiste sur le cadastre napoléonien.
1910
Rachat par l'État
Rachat par l'État 1910 (≈ 1910)
L'État rachète les vestiges et engage des travaux de consolidation.
3 novembre 1958
Classement historique
Classement historique 3 novembre 1958 (≈ 1958)
Les vestiges sont classés au titre des monuments historiques.
1997
Restauration des vestiges
Restauration des vestiges 1997 (≈ 1997)
Mise en place d'une charpente et d'une couverture en tuiles.
27 août 2007
Transfert à la commune
Transfert à la commune 27 août 2007 (≈ 2007)
La propriété des vestiges est transférée à la commune.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'abside de l'église priorale (cad. B 556, feuille U) : classement par arrêté du 3 novembre 1958
Personnages clés
Odila
Donatrice supposée du prieuré selon la tradition locale.
Denis
Sculpteur roman attribué des chapiteaux principaux.
Origine et histoire du Prieuré Saint-Léonard
L'ancien prieuré Saint-Léonard se situe rue de la Vallée-aux-Nains, sur la rive gauche de la Vienne à L'Île-Bouchard (Indre-et-Loire, Centre-Val de Loire). La tradition locale rapporte la fondation d'un prieuré dédié à saint Léonard entre 1067 et 1080 à la suite d'une donation attribuée à une certaine Odila et à ses enfants, mais cette datation élevée semble résulter d'une probable confusion avec le prieuré Saint-Gilles. Le prieuré est néanmoins cité en 1108 comme dépendance de l'abbaye bénédictine de Déols. Les éléments conservés indiquent plutôt une construction datée de la première moitié du XIIe siècle, et l'église priorale devient paroissiale à la fin du XIIe siècle. Pillé le 2 avril 1562, l'établissement est encore en activité au XVIIe siècle avant d'être vendu comme bien national en 1791. La date précise de destruction de l'ensemble n'est pas connue : l'édifice a été progressivement démantelé et utilisé comme carrière de pierres ; sur le cadastre napoléonien de 1832 ne subsiste déjà que le chœur, et une gravure de 1846 le représente dans l'état actuel. Jusqu'au début des années 1910, les parties conservées servent de grange à fourrage ; elles sont ensuite rachetées par l'État qui engage des travaux de consolidation. Les vestiges sont classés au titre des monuments historiques le 3 novembre 1958, restaurés en 1997 avec la mise en place d'une charpente et d'une couverture en tuiles, puis la propriété est transférée à la commune par convention signée le 27 août 2007.
Seuls subsistent aujourd'hui le chœur avec son abside principale, les trois absidioles, le déambulatoire et les départs des voûtes méridionales, tous appareillés en pierre de taille ; la nef et le transept ont disparu et aucun plan d'ensemble n'a été retrouvé. Le chœur et le déambulatoire sont séparés par cinq arcades reposant sur de fortes colonnes à chapiteaux, chaque colonne étant flanquée de deux colonnettes munies de chapiteaux plus sobres ; l'occultation de la partie supérieure des arcs et cet appareillage secondaire correspondent à une phase de remaniement probablement destinée à limiter le poids des voûtes, datée éventuellement de la seconde moitié du XIIe siècle ou du premier quart du XIIIe siècle. Les six chapiteaux principaux, datés des années 1130-1140, sont attribués au sculpteur roman Denis et à son atelier en raison de leur similitude avec d'autres ensembles régionaux. Les quatre chapiteaux centraux (numérotés 2 à 5 du nord au sud) portent le décor le plus riche et représentent, sur leurs différentes faces, des épisodes de la vie de Jésus, de la Vierge et des Évangiles : le chapiteau n°2 traite des premiers épisodes de l'enfance du Christ (Annonciation, Visitation, Nativité, Adoration des mages et Annonce aux bergers), le n°3 présente la Présentation au Temple, le Massacre des Innocents, la Fuite en Égypte et le Baptême, le n°4 montre la Cène et la Crucifixion, et le n°5 la Tentation du Christ et l'Entrée à Jérusalem. Les chapiteaux extrêmes (n°1 et n°6) offrent un décor végétal et des personnages fabuleux ; la disposition des scènes, qui place la Crucifixion au chapiteau le plus central, semble destinée à mettre en valeur cette scène au plus près de l'autel.