Origine et histoire du Prieuré Saint-Symphorien
Le prieuré Saint-Symphorien de Bonnieux est un ancien prieuré roman situé dans le massif du Luberon, dans le département de Vaucluse. Fondé entre le Xe et le XIe siècle, il est remarquable pour son clocher du XIIe siècle, seul vestige bien visible aujourd’hui. Ce prieuré était une dépendance de l’abbaye Saint-Victor de Marseille et servait à la fois de lieu de culte et de refuge pour les voyageurs sur la route entre Marseille et Apt.
L’étude historique menée par Jean Méhu de Cadenet révèle que l’église, à nef unique, aurait pu être prolongée par des bâtiments conventuels et entourée d’une clôture défensive. Une inscription disparue en 1962, mentionnant les noms de Rostang, Teutbert, Ailald et Pons, suggère une fondation vers 955-961, liée à des donateurs locaux. Ces noms, associés à des figures historiques comme l’évêque Rostang d’Apt et des seigneurs de Bonnieux, indiquent une origine noble et religieuse.
Le prieuré a connu cinq phases de construction entre le XIe siècle et l’époque contemporaine. Son clocher, classé monument historique en 1921, est un exemple typique de l’architecture romane provençale, avec des baies géminées et des colonnettes caractéristiques. L’église elle-même a été inscrite en 1949. Acquis en 1980 par Daniel Vial, le prieuré a fait l’objet d’une restauration majeure, supervisée par des architectes des Monuments Historiques.
Le site, aujourd’hui propriété privée, surplombe la vallée de l’Aigue Brun et conserve des traces de son double rôle : religieux, avec son abside et sa nef, et défensif, avec des hypothèses de structures fortifiées. Le prieuré s’inscrit dans un réseau d’établissements religieux du Luberon, comme le Fort de Buoux, qui offraient protection et hospitalité aux voyageurs en période troublée.
L’inscription disparue, traduite comme « Rostang, Teutbert, Ailald, Pons ont édifié cette église Saint-Symphorien », lie le monument à des familles seigneuriales locales. Pons, mentionné comme « homme bien connu », pourrait être apparenté aux vicomtes de Marseille. Ces éléments soulignent l’importance du prieuré dans l’histoire médiévale provençale, entre pouvoir ecclésiastique et laïc.