Frise chronologique
vers 1006
Fondation présumée
Fondation présumée
vers 1006 (≈ 1006)
Installation d'une communauté monastique.
1061
Changement de tutelle
Changement de tutelle
1061 (≈ 1061)
Rattachement à l'abbaye Saint-Père-en-Vallée.
XIIIe siècle
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique
XIIIe siècle (≈ 1350)
Église et bâtiments conventuels rebâtis.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Abandon par les moines révolution.
1972
Ouverture de l'écomusée
Ouverture de l'écomusée
1972 (≈ 1972)
Reconversion en musée régional.
28 avril 1980
Classement monument historique
Classement monument historique
28 avril 1980 (≈ 1980)
Protection de l'église et logis.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise ; logis du prieur ; bâtiment conventuel : classement par arrêté du 28 avril 1980
Personnages clés
| Eudes Rigaud - Archevêque de Rouen |
Visite critique du prieuré en 1255. |
| Mr Brion de Saint-Cyr - Premier acquéreur post-révolutionnaire |
Acheteur en 1791, revend en 1825. |
| Famille Thibault - Propriétaires fermiers |
Gérants du domaine depuis le XVIIIe. |
Origine et histoire
Le prieuré Sainte-Gauburge, situé à Saint-Cyr-la-Rosière dans l’Orne, trouve ses origines au XIe siècle, avec une première mention d’une communauté monastique vers 1006. Initialement rattaché à l’abbaye Saint-Florentin de Bonneval, il est cédé en 1061 à l’abbaye Saint-Père-en-Vallée de Chartres, puis transmis à l’abbaye de Saint-Denis en France. Son histoire est marquée par des périodes de déclin et de renouveau, notamment au XIIIe siècle, où l’église est reconstruite dans un style gothique, tandis qu’un clocher Renaissance est ajouté plus tard. Le prieuré, dédié à l’éducation des enfants de familles aisées aux XVIIe et XVIIIe siècles, est abandonné à la Révolution et vendu comme bien national en 1791.
À partir de 1791, le prieuré devient une propriété privée, transformée en ferme après son rachat par la famille Thibault en 1825. Les bâtiments, laissés à l’abandon pendant des décennies, sont partiellement restaurés durant la Seconde Guerre mondiale et retrouvent une vocation religieuse comme lieu de pèlerinage. En 1972, le site accueille l’écomusée du Perche, dédié aux arts et traditions populaires. Classé monument historique en 1980, le prieuré se compose d’une église gothique, d’un logis prioral aux cheminées sculptées, et d’un logis des moines orné de sculptures médiévales, dont des représentations d’apothicaires.
L’architecture du prieuré reflète son évolution à travers les siècles. L’église, reconstruite au XIIIe siècle, conserve un mur pignon du XIe siècle et un clocher Renaissance à cinq niveaux, surmonté de frontons triangulaires et de clochetons. Le logis du prieur, reconstruit après la guerre de Cent Ans, abrite des cheminées remarquables, dont une illustrant la tentation d’Adam. Le logis des moines, partiellement rebâti aux XIVe et XVIIIe siècles, présente une tour octogonale avec un escalier à vis sous une voûte gothique octopartite, ainsi que des fenêtres à meneaux sculptées de personnages et d’animaux. Ces éléments témoignent de l’influence artistique francilienne, notamment dans les détails des modénatures et des sculptures.
Le prieuré Sainte-Gauburge incarne aussi les transformations sociales et religieuses du Perche. D’abord lieu de vie monastique, il devient un établissement éducatif pour les élites locales avant d’être sécularisé à la Révolution. Son sauvetage au XXe siècle, marqué par sa reconversion en musée, en fait un symbole du patrimoine culturel normand. Les restaurations de 1985, notamment celles de l’église, ont permis de préserver des éléments uniques comme le lavabo Renaissance ou la charpente lambrissée, tout en mettant en valeur son rôle historique dans la région.
Aujourd’hui, le prieuré allie patrimoine architectural et vocation muséale. L’écomusée du Perche, installé dans ses murs depuis 1972, propose une immersion dans les traditions locales, tandis que les bâtiments classés – église, logis prioral et conventuel – attirent les visiteurs pour leur richesse historique et artistique. Le site, propriété partagée entre la commune et des particuliers, reste un témoignage vivant de l’histoire monastique et rurale du Perche, entre Moyen Âge et époque moderne.