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Prieuré Saint-Pierre à Montambert dans la Nièvre

Nièvre

Prieuré Saint-Pierre

    4 Allée des Marronniers
    58250 Montambert
Propriété de la commune ; propriété privée
Prieuré Saint-Pierre
Prieuré Saint-Pierre
Prieuré Saint-Pierre
Prieuré Saint-Pierre
Crédit photo : Chabe01 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1107
Première mention officielle
4e quart XIe siècle
Fondation du prieuré
1530
Pillage et destruction
1633–1661
Reconstruction du logis
1796
Vente comme bien national
1981
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise (cad. C 211) : inscription par arrêté du 13 novembre 1981 ; La porte d'entrée et l'escalier intérieur du prieuré avec sa rampe droite à balustres (cad. C 209) : inscription par arrêté du 13 novembre 1981

Personnages clés

Guillaume Ier de Nevers - Comte de Nevers Donateur présumé du prieuré en 1075
Étienne de la Montagne - Prieur commendataire Assassiné lors du pillage de 1530
Gaspard de Ramilly - Prieur reconstructeur Dirigea les travaux du logis (1633–1661)
Jean-Baptiste Lambert - Curé restaurateur Menait les réparations avant 1796
François Imbart de La Tour - Bienfaiteur Racheta l’église en 1823 pour la paroisse

Origine et histoire

Le prieuré Saint-Pierre de Montambert, fondé au 4e quart du XIe siècle, était un monastère bénédictin dépendant de l’abbaye de Cluny, rattaché au prieuré Notre-Dame de La Charité-sur-Loire. Bien que les sources médiévales soient rares, une bulle papale de 1107 confirme son appartenance à La Charité. Les moines y défrichèrent des marécages, créant étangs et pâturages, et structurèrent un village autour de leurs terres. Le prieuré, modeste (2-3 religieux), servait d’hospice pour les moines de Cluny en voyage et gérait des domaines agricoles.

Au XIVe siècle, le prieuré prospère grâce à la pisciculture et à des revenus estimés à 617 livres en 1340, mais décline à la fin du Moyen Âge : en 1458, un seul moine y réside, et l’administration est jugée défaillante. En 1530, des pillards (« robeurs ») détruisent le monastère, tuant le prieur Étienne de la Montagne et brûlant les archives. Reconstruit au XVIIe siècle (logis achevé en 1661), il perd son rôle paroissial au profit de Tannay, avant d’être vendu comme bien national en 1796.

L’église, de style roman nivernais (croix latine, absides circulaires), est remaniée aux XVIIe et XIXe siècles : la nef est reconstruite, une fausse voûte en brique ajoutée en 1902, et des vitraux du XIXe siècle (maître verrier Goyet) ornent l’édifice. Classée monument historique en 1981, elle abrite un mobilier liturgique des XVIIe–XIXe siècles (fonts baptismaux, bannières, calice). Le logis prieural, propriété privée, et les 32 étangs créés par les moines témoignent encore de son passé agricole et monastique.

Les terriers (archives des XVIe–XVIIIe siècles) révèlent un domaine forestier de 900 hectares en 1706, incluant étangs et terres cultivées. Les prieurs, souvent issus de familles nobles locales (comme les d’Escoraille ou Millin), géraient aussi les cures voisines (Lamenay, Saint-Hilaire). Le dernier prieur, Jean-François Gérôme d’Eure de Glanne, quitta Montambert à la Révolution.

Aujourd’hui, l’église paroissiale et les vestiges du prieuré illustrent l’héritage clunisien en Bourgogne-Franche-Comté, entre patrimoine roman, exploitation seigneuriale et mémoire des défrichements médiévaux.

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