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Prison Beaulieu à Caen dans le Calvados

Prison Beaulieu

    35 Rue du Général Moulin14000 Caen
Propriété de l'Etat
Prison Beaulieu
Prison Beaulieu
Prison Beaulieu
Prison Beaulieu
Crédit photo : Roi.dagobert - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1600
1700
1800
1900
2000
1161
Fondation de la léproserie
1696
Transformation en maison de force
1817
Devenue maison centrale
1820-1851
Reconstruction par les Harou-Romain
1842
Incendie du bâtiment sud
1944
Destruction partielle pendant la bataille de Caen
29 octobre 1975
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Bâtiment du XIXe siècle (cad. BY 36) : inscription par arrêté du 29 octobre 1975

Personnages clés

Henri II d'Angleterre - Fondateur de la léproserie Crée l’établissement en 1161.
François-Jean Orceau de Fontette - Intendant de Normandie Lance le dépôt de mendicité en 1769.
Jean-Baptiste Harou-Romain - Architecte du département Conçoit les plans en 1820.
Nicolas Harou-Romain - Architecte successeur Poursuit les travaux après 1821.
Patrick Henry - Détenu notoire Incarceré à Beaulieu.
André Pauletto - Détenu emblématique 50 ans de détention, décédé en 2016.

Origine et histoire

La prison de Beaulieu, située à Caen, trouve ses origines dans une léproserie fondée en 1161 par Henri II d'Angleterre sur la route de Bayeux. Transformée en maison de force pour mendiants et prostituées en 1696, elle devient un dépôt de mendicité en 1769 sous l’intendant François-Jean Orceau de Fontette. L’établissement, inachevé par manque de fonds, sert aussi de prison pour les détenus par lettres de cachet et les malades mentaux jusqu’en 1820, date à laquelle ces derniers sont transférés au Bon-Sauveur.

En 1817, Beaulieu est officiellement désignée comme maison centrale de détention. Entre 1820 et 1851, les architectes Jean-Baptiste Harou-Romain puis son fils Nicolas reconstruisent la prison selon un plan orthogonal : quatre ailes en carré, une chapelle centrale, et des pavillons d’angle. Les grands dortoirs, initialement prévus pour 800 détenus, sont remplacés par des cellules après l’incendie de 1842. La prison, réservée aux réclusionnaires à partir de 1873, est partiellement détruite pendant la bataille de Caen en 1944, puis reconstruite en forme de U.

Le bâtiment du XIXe siècle, seul vestige de la prison originale, est inscrit aux monuments historiques en 1975. Depuis 1975, il accueille des détenus condamnés à de longues peines, avec une capacité de 438 places. En 2000, un service médico-psychologique régional (SMPR) y est ajouté. Parmi ses détenus notoires figurent Patrick Henry et André Pauletto, décédé en 2016 après 50 ans d’incarcération.

L’architecture de Beaulieu, marquée par des miradors et une enceinte carrée, reflète les principes carcéraux du XIXe siècle. Les plans, dessinés par les Harou-Romain, ont inspiré les normes des maisons d’arrêt de l’époque. Aujourd’hui, la prison reste un symbole du système pénitentiaire français, alliant héritage historique et fonction contemporaine.

Liens externes

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