Crédit photo : Ce fichierest l’œuvre deXavier Caré. Merci de cré - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
1921
Construction de la prison
Construction de la prison
1921 (≈ 1921)
Inauguration comme prison militaire en octobre.
17 février 1943
Réquisition nazie
Réquisition nazie
17 février 1943 (≈ 1943)
Prison entièrement contrôlée par les Allemands.
21 juin 1943
Arrestation de Jean Moulin
Arrestation de Jean Moulin
21 juin 1943 (≈ 1943)
Interné à Montluc après Caluire.
20 août 1944
Massacre de Côte-Lorette
Massacre de Côte-Lorette
20 août 1944 (≈ 1944)
120 prisonniers exécutés par les nazis.
24 août 1944
Libération de la prison
Libération de la prison
24 août 1944 (≈ 1944)
Remise des clés aux autorités françaises.
2010
Ouverture du Mémorial
Ouverture du Mémorial
2010 (≈ 2010)
Transformation en lieu de mémoire nationale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le mur d'enceinte extérieur sur trois côtés, nord, ouest et sud ; le mur d'enceinte intérieur côté ouest avec ses retours jusqu'à la conciergerie au nord et sur une longueur de huit mètres au sud ; le sol du chemin de ronde côté ouest en totalité, côté nord partie ouest jusqu'au portail d'accès des véhicules et côté sud partie ouest sur une longueur de huit mètres ; le portail d'origine situé dans le mur d'enceinte bordant la rue Jeanne-Hachette ; les façades et toitures du bâtiment de détention ; les deux escaliers situés dans le corps central de ce bâtiment ; l'intérieur du quartier des hommes dans ce même bâtiment ; la conciergerie en totalité ; le sol de la cour qui entoure le bâtiment de détention, jusqu'au portail d'accès des véhicules et jusqu'à la conciergerie au nord-ouest sur une distance de huit mètres à partir des façades du bâtiment sur les autres côtés ; le passage couvert entre la conciergerie et le bâtiment de détention (cad. AZ 77, cf plan annexé à l'arrêté) : inscription par arrêté du 25 juin 2009
Personnages clés
| Jean Moulin - Résistant et chef du Conseil National de la Résistance |
Interné à Montluc en 1943. |
| Klaus Barbie - Chef de la Gestapo à Lyon |
Responsable des exécutions massives à Montluc. |
| André Devigny - Résistant et évadé de Montluc |
Inspira le film *Un condamné à mort s’est échappé*. |
| Marc Bloch - Historien et résistant |
Détenu à Montluc avant son exécution. |
| Yves Farge - Commissaire de la République en 1944 |
Négocia la protection des prisonniers. |
| Emmanuel Macron - Président de la République |
Visita le mémorial en mai 2023. |
Origine et histoire
La prison Montluc, située au 4 rue Jeanne-Hachette dans le 3e arrondissement de Lyon, est construite en 1921 sur les glacis du fort Montluc comme prison militaire. Initialement conçue pour 127 détenus, elle est peu utilisée dans les années 1920 en raison de la diminution de la population carcérale, et ferme en 1932. Elle rouvre en 1939 pour accueillir des justiciables militaires et des militants communistes, victimes des juridictions d'exception après le pacte germano-soviétique.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous le régime de Vichy (1940-1942), Montluc devient un lieu central de répression contre les résistants, gaullistes et opposants politiques. La prison, officiellement prévue pour 127 personnes, en accueille près de 400 dès 1941. Après l’invasion de la zone libre en novembre 1942, les nazis réquisitionnent entièrement la prison le 17 février 1943. Gérée par Klaus Barbie, elle incarcère plus de 10 000 personnes, dont Jean Moulin et Marc Bloch, dans des conditions inhumaines.
Entre février 1943 et août 1944, Montluc est le théâtre d’exécutions massives : 669 internés sont fusillés dans 33 lieux différents, dont 120 lors du massacre du fort de Côte-Lorette en août 1944. Les enfants d’Izieu y transitent avant leur déportation. Libérée le 24 août 1944, la prison devient après-guerre un lieu d’incarcération pour condamnés à mort, résistants algériens pendant la guerre d’indépendance (1954-1962), et objecteurs de conscience jusqu’aux années 1980.
Fermée en 2009, Montluc est transformée en Mémorial national en 2010, classé monument historique depuis 2009. Le site commémore aujourd’hui les victimes des répressions sous Vichy et l’Occupation, avec des expositions temporaires et des visites gratuites. Le mémorial est géré par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, soulignant son rôle comme haut lieu de la mémoire nationale.
La prison a aussi marqué la culture, inspirant des films comme Un condamné à mort s’est échappé (1956) de Robert Bresson, basé sur l’évasion d’André Devigny en 1943. Son histoire reflète les violences politiques du XXe siècle, de la répression coloniale à la résistance antifasciste.