Frise chronologique
1489-1510
Construction de Santa Maria della Consolazione
Construction de Santa Maria della Consolazione
1489-1510 (≈ 1500)
Première église cathédrale, endommagée au XVIe siècle.
1570
Siège du diocèse de Mariana et Accia
Siège du diocèse de Mariana et Accia
1570 (≈ 1570)
L’évêque Centurione s’y installe officiellement.
1611
Effondrement des voûtes
Effondrement des voûtes
1611 (≈ 1611)
Relancé par un legs en 1612.
1604-1625
Reconstruction de la cathédrale actuelle
Reconstruction de la cathédrale actuelle
1604-1625 (≈ 1615)
Dirigée par les évêques del Pozzo.
1625
Consécration de l’édifice
Consécration de l’édifice
1625 (≈ 1625)
Par l’évêque Giulio del Pozzo.
3 février 2000
Classement aux monuments historiques
Classement aux monuments historiques
3 février 2000 (≈ 2000)
Protection officielle de l’État français.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AO 242) : classement par arrêté du 3 février 2000
Personnages clés
| Leonello Lomellini - Gouverneur génois (XVe siècle) |
Fonda la Citadelle et initia Santa Maria. |
| Mgr Centurione - Évêque de Mariana et Accia (1570) |
Établit le siège épiscopal à Bastia. |
| Geronimo del Pozzo - Évêque (début XVIIe siècle) |
Lança la reconstruction en 1604. |
| Giovanni Pasquale Corso - Capitaine de marine (mort en 1612) |
Finança les travaux par un legs. |
| Gaetano Macchi - Orfèvre siennois (XIXe siècle) |
Créa la Vierge d’argent (1866). |
| Francesco Marengo - Artiste stucateur (1621) |
Réalisa les décors dorés. |
Origine et histoire
La pro-cathédrale Sainte-Marie de Bastia trouve ses origines dans la construction d’une première église, Santa Maria della Consolazione, édifiée entre 1489 et 1510 sous l’impulsion du gouverneur génois Leonello Lomellini. Ce lieu de culte, adossé à un rocher (Santa Maria l’Arrimbata), devint cathédrale en 1570 lorsque l’évêque Centurione y établit son siège, fusionnant les diocèses de Mariana et d’Accia. Cependant, les guerres franco-génoises du XVIe siècle endommagèrent gravement l’édifice, le rendant instable.
La cathédrale actuelle fut reconstruite entre 1604 et 1625 sous la direction de l’évêque Geronimo del Pozzo, puis de son neveu Giulio del Pozzo qui la consacra en 1625. Les travaux, financés en partie par un legs du capitaine Giovanni Pasquale Corso, connurent des aléas, comme l’effondrement des voûtes en 1611. L’édifice adopta un plan à trois nefs inspirées de la Canonica de Lucciana, avec un chœur profond accueillant les trônes de l’évêque et du gouverneur génois, symbole de leur pouvoir partagé.
Sainte-Marie joua un rôle politique majeur comme lieu de passation des pouvoirs entre gouverneurs génois. Lors d’une cérémonie fastueuse inspirée de la cour d’Espagne, le gouverneur sortant remettait les clefs et le sceptre du Royaume de Corse à son successeur, sur un plateau d’argent. La cathédrale, richement décorée de stucs dorés et de marbres polychromes au XIXe siècle, abrite aussi des œuvres remarquables, comme la Vierge d’argent (300 kg) ciselée par Gaetano Macchi en 1866, ou des tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles.
Classée monument historique en 2000, la pro-cathédrale conserve des éléments baroques génois, comme sa façade remaniée aux XVIIIe et XIXe siècles. Son campanile (38 m), construit en 1620, et ses orgues du XIXe siècle (frères Serassi) témoignent de son prestige passé. Aujourd’hui, elle reste un symbole du patrimoine religieux et historique corse, lié à l’époque génoise et à la transition vers la domination française.
L’édifice s’inscrit dans un ensemble urbain marqué par la Citadelle de Bastia, fondée en 1380, et les autres églises de la ville (Saint-Jean-Baptiste, Sainte-Croix). Son histoire reflète les tensions entre Gênes, la France et les pouvoirs locaux, ainsi que l’importance de Bastia comme capitale administrative et religieuse de la Corse pré-moderne.