Origine et histoire de la Propriété Caillebotte
La propriété Caillebotte, située à Yerres (Essonne), est un domaine du XIXe siècle acquis en 1860 par Martial Caillebotte (1799–1874), père du peintre Gustave Caillebotte. Aménagée dans les années 1830 dans un style « à l’anglaise », elle devint un lieu de villégiature pour la famille, où Gustave réalisa près de quatre-vingt-dix toiles entre 1870 et 1879, inspirées par le parc, la rivière Yerres et les fabriques ornementales.
Durant la guerre de 1870, la propriété fut occupée militairement, comme d’autres résidences locales. Après la mort de leurs parents, Gustave et son frère Martial (fils) vendirent le domaine en 1879. La propriété, typique des domaines bourgeoises de l’époque, comprenait une maison néoclassique (le Casin), une orangerie, une ferme ornée, un potager et des éléments pittoresques comme un kiosque chinois ou une chapelle néo-gothique.
Rachetée par la ville de Yerres en 1973, la propriété fut restaurée et ouverte au public. Elle est labellisée « Maison des Illustres » depuis 2012 et propose des expositions dans la Ferme ornée et l’Orangerie. Le parc, classé « ensemble arboré remarquable », abrite un cèdre du Liban et un platane bicentenaires, tandis que le potager, cultivé par une association locale, perpétue l’héritage horticole de Gustave Caillebotte, passionné de jardinage.
La maison Caillebotte, restaurée en 2017, reconstitue l’atelier du peintre et expose des œuvres originales. Les fabriques du parc, comme la glacière sous le kiosque ou la passerelle métallique reconstruite en 2006, illustrent l’esthétique romantique du XIXe siècle. Le site allie patrimoine artistique, historique et naturel, offrant une immersion dans l’univers qui inspira l’un des maîtres de l’impressionnisme.
Parmi les éléments notables, la chapelle Notre-Dame-du-Lierre, construite pour Alfred Caillebotte (fils de Martial, prêtre), fut restaurée en 2016. Le chalet suisse, anciennement laiterie, abrite aujourd’hui un restaurant. La propriété, inscrite partiellement aux monuments historiques en 1993, témoigne du mode de vie de la bourgeoisie industrielle du Second Empire, entre loisirs fluviaux, art et innovation paysagère.