Origine et histoire
Le Plantier de Costebelle est une villa néo-palladienne construite entre 1859 et 1861 à Hyères, dans le Var, par la baronne Hortense Pauline Husson de Prailly. Située sur les hauteurs de Costebelle, elle surplombe la rade d'Hyères et les îles d'Hyères. La propriété, initialement nommée Villa des Palmiers, est conçue comme un lieu de villégiature pour l'élite intellectuelle et religieuse du XIXe siècle, dont le père Henri Lacordaire et l'évêque Félix Dupanloup.
La baronne de Prailly, originaire de Lorraine, achète le terrain en 1857 à Ernest Desclozeaux, un magistrat retiré. Elle confie la construction à l'architecte hyérois Victor Trotobas, s'inspirant des villas palladiennes italiennes. Le parc botanique, créé avec l'aide de l'horticulteur Charles Huber, devient un jardin d'acclimatation pour des espèces exotiques comme le Phoenix dactylifera et le Yucca filifera, qui fleurit pour la première fois en Europe en 1876.
En 1892, la villa accueille la reine Victoria, qui y séjourne avec son époux, le prince Henri de Battenberg. La propriété est vendue en 1896 à l'écrivain Paul Bourget, qui la rebaptise Le Plantier de Costebelle. Bourget y reçoit des personnalités littéraires et politiques, comme André Gide, Henry James, et Edith Wharton, jusqu'à sa mort en 1935. La villa est ensuite transmise au général Marius Daille, héritier de Bourget.
La chapelle néo-gothique, construite dans les années 1860, abrite des vitraux et des statues dédiées à la Vierge et à saint Dominique. Le parc, labellisé Jardin remarquable en 2009, conserve des espèces rares comme l'arbousier de Chypre et des cocotiers du Chili. La propriété, partiellement classée Monument Historique en 1976, est aujourd'hui une maison d'écrivain ouverte au public sur rendez-vous.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la villa est réquisitionnée en 1943, et ses archives sont transférées pour protection. En 1980, une partie de la collection de tableaux primitifs siennois de Bourget est cédée au musée de Chambéry via une dation. Aujourd'hui, le Plantier de Costebelle allie habitation privée et ouverture culturelle, préservant son héritage architectural et botanique.
Le domaine est un témoignage de l'âge d'or des villégiatures azuréennes, mêlant histoire littéraire, religieuse et botanique. Son parc, inchangé depuis le XIXe siècle, offre un cadre préservé où se côtoient essences méditerranéennes et exotiques, sous la protection de labels patrimoniaux.