Frise chronologique
1539-1541
Construction du Château-Neuf
Construction du Château-Neuf
1539-1541 (≈ 1540)
Françoise d'Alençon érige le Château-Neuf.
1603
Fondation du collège jésuite
Fondation du collège jésuite
1603 (≈ 1603)
Henri IV autorise le retour des Jésuites.
1607
Edit de fondation du collège
Edit de fondation du collège
1607 (≈ 1607)
Henri IV signe l'édit à Fontainebleau.
1610
Transfert du cœur d'Henri IV
Transfert du cœur d'Henri IV
1610 (≈ 1610)
Son cœur est déposé au collège.
1762
Fermeture du collège jésuite
Fermeture du collège jésuite
1762 (≈ 1762)
Expulsion des Jésuites par le Parlement.
1764
Création de l'École de cadets
Création de l'École de cadets
1764 (≈ 1764)
Transformée par le duc de Choiseul.
1793
Destruction des cénotaphes royaux
Destruction des cénotaphes royaux
1793 (≈ 1793)
Cœurs d'Henri IV et Marie de Médicis brûlés.
1808
Installation du Prytanée militaire
Installation du Prytanée militaire
1808 (≈ 1808)
Décret de Napoléon Ier transférant l'école.
1814
Restitution des cendres d'Henri IV
Restitution des cendres d'Henri IV
1814 (≈ 1814)
Cendres placées dans la chapelle Saint-Louis.
1983
Ouverture aux jeunes filles
Ouverture aux jeunes filles
1983 (≈ 1983)
Première élève féminine admise, Sandrine Mathieu.
2004
Célébration du quadricentenaire
Célébration du quadricentenaire
2004 (≈ 2004)
400 ans du Collège royal et 200 ans du Prytanée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porche et chapelle : classement par arrêté du 5 août 1919 ; Façades et toitures des bâtiments de l'ancien collège des Jésuites : inscription par arrêté du 6 mars 1933 ; Ensemble de l'aile sud de la cour d'honneur, incluant l'ancienne galerie de peinture du roi Henri IV (devenue bibliothèque du Prytanée) avec ses accès sur l'extérieur (cad. AM 355) : inscription par arrêté du 30 novembre 1994
Personnages clés
| Henri IV - Fondateur du collège royal |
A légué son cœur à l'établissement. |
| Françoise d'Alençon - Commanditaire du Château-Neuf |
Mère d'Antoine de Bourbon, grand-mère d'Henri IV. |
| Louis Métezeau - Architecte du collège |
A conçu les plans initiaux. |
| Étienne Martellange - Architecte jésuite |
A supervisé la construction de l'église. |
| Napoléon Ier - Fondateur du Prytanée militaire |
A transféré l'école à La Flèche. |
| Joseph Gallieni - Ancien élève, maréchal de France |
Gouverneur général de Madagascar. |
| Jean-François Clervoy - Ancien élève, astronaute |
Intégré à l'ESA et la NASA. |
| Pierre Agostini - Ancien élève, prix Nobel |
Prix Nobel de physique 2023. |
| Charles de Gaulle - Information non disponible |
Information non disponible |
Origine et histoire
Le Prytanée national militaire de La Flèche trouve ses origines en 1604, lorsque le roi Henri IV fonde un collège jésuite dans son « Château-Neuf » de La Flèche, en Anjou. Ce projet éducatif ambitieux, doté de 300 000 livres et d’un revenu annuel de 20 000 livres, vise à « instruire la jeunesse et la rendre amoureuse des sciences, de l’honneur et de la vertu ». Les plans du collège et de son église, conçus par l’architecte royal Louis Métezeau, sont réalisés sous la supervision du père Étienne Martellange. Dès sa première année, l’établissement accueille près de 1 000 élèves, devenant l’un des collèges jésuites les plus prestigieux après celui de Clermont à Paris. Le cœur d’Henri IV, conformément à sa volonté, y est transféré en 1610 et conservé jusqu’à sa destruction en 1793.
Au fil des siècles, le collège connaît des transformations majeures. Après l’expulsion des Jésuites en 1762, il devient une « École de cadets » en 1764 sous Louis XV, puis un « Collège royal militaire » en 1776. La Révolution française marque un tournant : les cénotaphes royaux sont brûlés en 1793, et les bâtiments servent tour à tour d’hôpital, de fabrique de salpêtre, et de siège administratif. En 1808, Napoléon Ier y installe le Prytanée militaire, un établissement destiné à former 400 élèves, dont 200 boursiers issus de familles militaires modestes. L’école s’impose comme un vivier de cadres pour l’armée française, tout en traversant des crises politiques et financières, notamment sous la Troisième République.
Le Prytanée s’organise autour de deux quartiers distincts : le quartier Henri IV, classé monument historique, abrite les classes préparatoires aux grandes écoles militaires, tandis que le quartier Gallieni accueille les classes secondaires. Son architecture, marquée par des cours en enfilade, une église baroque (Saint-Louis) et des jardins à la française, témoigne de son héritage royal et jésuite. L’établissement perpétue des traditions séculaires, comme la « Fête de Trime » ou les regroupements d’élèves en « quartiers » (Taupe, Corniche, Flotte), tout en s’adaptant aux évolutions sociales, comme l’ouverture aux jeunes filles en 1983.
Au XXe siècle, le Prytanée joue un rôle clé lors des deux guerres mondiales, servant d’hôpital militaire en 1914-1918 et abritant des résistants en 1939-1945. Ses anciens élèves, parmi lesquels des maréchaux (Gallieni), des astronautes (Jean-François Clervoy), ou des écrivains (Antoine Compagnon), illustrent son rayonnement. Aujourd’hui, le Prytanée national militaire allie formation académique et préparation aux carrières militaires, tout en préservant un patrimoine architectural et mémoriel exceptionnel, comme les cendres du cœur d’Henri IV, restituées en 1814.
L’établissement est également marqué par des polémiques, comme les accusations de « traditions dévoyées » en 2019 ou les affaires de violences sexuelles révélées en 2025. Malgré ces défis, il reste un symbole de l’éducation militaire française, classé parmi les lycées de la Défense et reconnu pour son excellence académique. Son histoire, intimement liée à celle de la France, en fait un lieu unique où se croisent mémoire nationale, architecture baroque et tradition éducative.