Début du fonçage 26 mai 1863 (≈ 1863)
Lancement des travaux du puits Hottinguer.
17 novembre 1871
Atteinte de la houille
Atteinte de la houille 17 novembre 1871 (≈ 1871)
Charbon trouvé à 618 mètres, record français.
23 juillet 1876
Premier essai pneumatique
Premier essai pneumatique 23 juillet 1876 (≈ 1876)
Test réussi du système atmosphérique.
1887
Fin de l'extraction pneumatique
Fin de l'extraction pneumatique 1887 (≈ 1887)
Passage aux câbles traditionnels.
1936
Fermeture définitive
Fermeture définitive 1936 (≈ 1936)
Arrêt de l’extraction minière.
26 novembre 1992
Première protection
Première protection 26 novembre 1992 (≈ 1992)
Inscription comme monument historique.
fin 2012
Début des rénovations
Début des rénovations fin 2012 (≈ 2012)
Travaux sur la tour Malakoff.
11 octobre 2022
Classement définitif
Classement définitif 11 octobre 2022 (≈ 2022)
Protection renforcée du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le puits de mine Hottinguer, en totalité, avec sa centrale électrique, sis route de la Gare, ZA La Tour Malakoff, situé sur la parcelle n° 109 de la section AH du cadastre, tel que délimité en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 11 octobre 2022
Personnages clés
Zulma Blanchet - Ingénieur
Concepteur du système pneumatique.
Jean-Philippe Passaqui - Historien
Auteur d’ouvrages sur le patrimoine local.
Dominique Chabard - Conservateur du Muséum d’Autun
Co-auteur de recherches sur Épinac.
Origine et histoire
Le puits Hottinguer, situé à Épinac en Bourgogne-Franche-Comté, fut l’un des principaux charbonnages des houillères locales au XIXe siècle. Construit entre 1872 et 1876, il se distingua par son système d’extraction atmosphérique innovant, conçu par l’ingénieur Zulma Blanchet. Ce procédé utilisait un piston dans un tube de 558 mètres de hauteur, fabriqué au Creusot, permettant d’atteindre une profondeur record de 618 mètres, un exploit pour l’époque. Le puits devint ainsi le plus profond de France à sa mise en service en 1871.
Le fonçage du puits débuta en 1863 près du puits de la Garenne, avec l’espoir d’exploiter des réserves estimées à 400 millions d’hectolitres de houille. Cependant, les couches géologiques s’avérèrent plus profondes et inclinées que prévu : le charbon ne fut atteint qu’en 1871, après un travers-banc à 618 mètres. L’extraction pneumatique, autorisée en 1873, fut opérationnelle en 1876, réduisant le temps d’ascension des cages à 3 minutes grâce à une machine à vapeur de 1 500 ch installée en 1882.
Malgré des débuts difficiles (faible production avant 1884, qualité médiocre des couches), le puits connut un essor vers 1885, avant d’abandonner le système pneumatique en 1887 au profit d’une extraction par câbles. Le site cessa toute activité minière en 1936. Transformé en usine de peinture (Bitulac) en 1948, il fut partiellement détruit par un incendie en 1989 et abandonné en 1998. Classé monument historique en 1992 puis en 2022, sa tour Malakoff — architecture rare en France, inspirée des modèles allemands — fait l’objet de rénovations depuis 2012.
Le puits Hottinguer incarne un patrimoine industriel exceptionnel, tant par son système technique que par sa conservation. Dès le XIXe siècle, il attira l’attention des experts, comme en témoigne sa visite lors du congrès de la Société de l’Industrie Minérale en 1893. Au XXe siècle, des associations comme le CILAC et des historiens (Jean-Philippe Passaqui, Dominique Chabard) soulignèrent son caractère unique. Aujourd’hui, le site combine préservation (rénovation des ailes et de la tour) et projet moderne, avec une centrale photovoltaïque prévue sur d’anciens terrains industriels.
Les bâtiments subsistants — tour Malakoff, ailes latérales, cheminée tronquée — offrent un témoignage intact des techniques minières du XIXe siècle. Leur sauvegarde, portée par des collectivités locales et la DRAC, s’inscrit dans une démarche de valorisation du patrimoine bourguignon. Le classement de 2022 renforce cette protection, reconnaissant le puits comme l’un des derniers vestiges majeurs de l’ère industrielle en Bourgogne-Franche-Comté.
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