Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Quartier du Sentier à Paris

Patrimoine classé
Quartier

Quartier du Sentier à Paris

    112 Rue Réaumur
    75002 Paris

Frise chronologique

Époque contemporaine
2000
Années 1980
Apogée textile
1996
Ouverture de Telehouse-1
1997-2000
Bulle Internet
Années 2000
Déclin textile
Depuis 2010
Renaissance technologique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Honoré de Balzac - Écrivain Évoque le Sentier dans *Le Bal de Sceaux*.
Louis-Ferdinand Céline - Écrivain Situe *Mort à crédit* dans le quartier.
Thomas Gilou - Réalisateur Trilogie *La Vérité si je mens !* sur le Sentier.
Hélène Darroze - Cheffe étoilée Ouvre *Joia* rue des Jeûneurs.

Origine et histoire

Le quartier du Sentier, situé dans le 2e arrondissement de Paris, s’est imposé comme un centre majeur de l’industrie textile durant la seconde moitié du XXe siècle. Délimité par la rue Montmartre à l’ouest, le boulevard de Sébastopol à l’est, et les boulevards Poissonnière et Bonne-Nouvelle au nord, il doit son nom à la rue du Sentier. Ce quartier sans existence administrative correspond à la moitié nord des quartiers du Mail et de Bonne-Nouvelle, traversés par des artères comme la rue d’Aboukir et la rue du Caire.

Au XIXe siècle, le Sentier abritait une population hétéroclite : artisans, journalistes, immigrés et prostituées. L’activité textile, déjà en essor, y est évoquée par Honoré de Balzac dans Le Bal de Sceaux (1830), où un personnage vend des tissus rue du Sentier. Louis-Ferdinand Céline, dans Mort à crédit, y situe aussi l’apprentissage de son protagoniste. Le quartier était également un foyer de la presse écrite, comme le mentionne Balzac dans La Rabouilleuse, où un écrivain dépose ses manuscrits avant de souper au Rocher de Cancale.

Après la Seconde Guerre mondiale, le Sentier devient le cœur du commerce textile en gros à Paris, porté par une main-d’œuvre immigrée et des conditions de travail parfois précaires. Dans les années 1980, il atteint son apogée avec des PME exploitant des circuits courts, de la production à la vente. Les métiers du textile, souvent liés à la communauté juive, en font un quartier emblématique, immortalisé dans la trilogie La Vérité si je mens ! (1997-2012) de Thomas Gilou. Cependant, à partir des années 2000, la gentrification, les importations asiatiques et la délocalisation des grossistes vers Aubervilliers entraînent son déclin.

À la fin des années 1990, le Sentier se transforme en Silicon Sentier, attirant des start-up grâce à ses infrastructures télécoms pionnières. Le centre Telehouse-1 (1996), premier du genre en France, et la bulle Internet (1997-2000) y attirent des entreprises comme Yahoo! ou Lastminute.fr. Après l’éclatement de la bulle en 2000, le quartier renaît à partir de 2010 avec l’installation de licornes françaises (Doctolib, Blablacar, Alan) et d’établissements gastronomiques étoilés, comme Joia d’Hélène Darroze ou Le Pantagruel.

Le Sentier inspire aussi la littérature et le cinéma. Outre Balzac et Céline, Dominique Manotti y situe Sombre Sentier (1995), roman policier centré sur une grève de travailleurs clandestins turcs. Au cinéma, des films comme XXL (1997) ou la trilogie de Thomas Gilou captent son ambiance unique, entre tradition textile et modernité technologique. Aujourd’hui, ce quartier hypercentral, à 200 m des Halles, allie patrimoine historique et innovation, attirant entrepreneurs et restaurateurs.

Liens externes