Origine et histoire
Montmartre est un quartier du 18e arrondissement de Paris, dominé par la basilique du Sacré-Cœur. Jusqu'en 1860, il formait une commune indépendante du département de la Seine, avant d'être annexé par Paris, à l'exception d'une petite partie rattachée à Saint-Ouen. Ce quartier, aux limites floues mais traditionnellement délimité par les rues Custine, Caulaincourt, les boulevards de Clichy et de Rochechouart, ainsi que la rue de Clignancourt, est connu pour ses rues escarpées et son point culminant à 130,53 mètres, près de l'église Saint-Pierre, la plus ancienne de Paris.
L’histoire de Montmartre remonte à l’Antiquité, avec des temples gallo-romains dédiés à Mars et Mercure. Au Moyen Âge, l’église Saint-Pierre, fondée au VIe siècle, et l’abbaye royale des Dames de Montmartre, créée en 1133 par Louis VI, marquent son développement religieux. La seigneurie de l’abbaye s’étendait sur une grande partie de l’actuel 18e arrondissement. Pendant la Révolution, Montmartre devient une commune à part entière, portant même brièvement le nom de « Mont-Marat ». En 1871, le quartier joue un rôle clé dans le déclenchement de la Commune de Paris, après la tentative de récupération des canons de la Garde nationale.
Au XIXe siècle, Montmartre attire une population d’artistes, d’ouvriers et de cabaretiers, transformant son visage social et culturel. Les carrières de gypse, exploitées depuis des siècles, offrent un refuge aux marginaux avant d’être progressivement fermées. Le quartier devient un symbole de la bohème parisienne, avec des lieux mythiques comme le Moulin Rouge, le Chat noir ou le Lapin Agile, fréquentés par des figures comme Toulouse-Lautrec, Van Gogh ou Picasso. L’annexion de 1860 intègre Montmartre à Paris, mais il conserve une identité villageoise, renforcée par des événements comme la Fête des vendanges, qui célèbre chaque année son vignoble urbain.
Aujourd’hui, Montmartre reste un haut lieu touristique et culturel, mêlant patrimoine religieux (basilique du Sacré-Cœur, églises historiques), salles de spectacle (La Cigale, l’Élysée-Montmartre), et musées (Espace Dalí, musée de Montmartre). Ses ruelles pavées, ses escaliers et son funiculaire en font un quartier pittoresque, tandis que des communautés religieuses, comme les bénédictines ou les carmélites, perpétuent sa dimension spirituelle. Le quartier, bien que non délimité administrativement, incarne toujours l’esprit libre et créatif qui l’a rendu célèbre.
La toponymie de Montmartre reste débattue : certaines sources évoquent un mons Martis (mont de Mars), en référence à un temple gallo-romain, tandis que d’autres privilégient mons Martyrum (mont des Martyrs), lié à la décapitation de saint Denis au IIIe siècle. Cette dualité reflète les couches historiques du quartier, entre héritage païen et christianisation. Les carrières de gypse, exploitées dès le Moyen Âge, ont façonné son sous-sol et son paysage, laissant des traces visibles dans les bâtiments en pierre blanche, comme l’église Saint-Pierre, construite avec des pierres de Château-Landon.
Montmartre a aussi été un lieu de résistance et de rébellion, notamment pendant la Commune de 1871, où il fut un bastion des insurgés. Son identité populaire, forgée par les guinguettes, les cabarets et les ateliers d’artistes, en a fait un symbole de la contre-culture parisienne. Aujourd’hui, entre tradition et modernité, le quartier continue d’inspirer, comme en témoignent les nombreux films, chansons et œuvres littéraires qui lui sont consacrés, du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain aux peintures de Utrillo ou Modigliani.