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Cité radieuse de Briey-en-Forêt à Briey en Meurthe-et-Moselle

Patrimoine classé
Maison d'architecte
Cité ouvrière classée MH
Meurthe-et-Moselle

Cité radieuse de Briey-en-Forêt

    6 Rue Robert-Schuman
    54150 Val de Briey

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
2000
1954
Commande du projet
3 mars 1959 - 1961
Construction et inauguration
années 1960-1983
Déclin et abandon
1984
Sauvetage du bâtiment
26 novembre 1993
Première protection patrimoniale
2007-2010
Restauration des façades
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades, les toitures et le portique ; le hall avec son comptoir et la première rue ; les appartements 101, 116, 128, 131, 132, 133, 134 (cad. D 1319) : inscription par arrêté du 26 novembre 1993 - Les façades et les toitures de l'ancienne chaufferie ainsi que son portique constitué de trois piliers et d'une poutre (cad. D 2533) : inscription par arrêté du 16 juillet 2007

Personnages clés

Le Corbusier (Charles-Édouard Jeanneret) - Architecte en chef Concepteur du bâtiment, modèle inspiré de Marseille.
André Wogenscky - Architecte d'opération Collaborateur direct de Le Corbusier sur le projet.
Georges-Henri Pingusson - Architecte en chef du quartier Responsable du projet urbain global autour de la Cité.
Guy Vattier - Maire de Briey (années 1980) A empêché la destruction du bâtiment en 1984.
Francis Heaulme - Ancien résident Tueur en série ayant vécu dans la Cité durant son enfance.

Origine et histoire

La Cité radieuse de Briey-en-Forêt, aussi appelée Unité d'habitation de Briey, fut construite entre 1959 et 1960 par Le Corbusier et son équipe, dont André Wogenscky comme architecte d'opération. Commandée par l'Office départemental HLM, elle s'inscrit dans un vaste projet de quartier destiné à loger les ouvriers du bassin minier lorrain en pleine expansion. Le bâtiment, long de 110 mètres et haut de 56 mètres (70 mètres à son point culminant), reprend le modèle de la Cité radieuse de Rezé, mais sans équipements commerciaux sur le toit. Il abrite 339 logements en duplex répartis sur 17 étages, avec six rues intérieures. Le projet initial, piloté par l'architecte en chef Georges-Henri Pingusson, incluait aussi des écoles et des logements collectifs voisins, répondant aux besoins croissants liés à l'industrie sidérurgique locale.

Dès les années 1960, la Cité radieuse de Briey subit les contrecoups de la crise économique régionale, marquée par la fermeture des mines. Des malfaçons et un entretien défaillant accélèrent son déclin : en 1983, presque tous les logements sont abandonnés, et une destruction est envisagée en 1984. Sauvée par l'opposition du maire Guy Vattier et un comité de défense, une partie du bâtiment est rachetée par l'hôpital pour y installer une école d'infirmières. En 1989, l'association La Première Rue relance son animation culturelle, et les appartements restants sont vendus à des privés en 1991. Le site est partiellement classé Monument historique en 1993 (façades, hall, appartements emblématiques) et 2007 (ancienne chaufferie), obtenant aussi le label Patrimoine du XXe siècle.

Entre 2007 et 2010, une restauration majeure redonne au bâtiment sa polychromie d'origine, sous la direction des architectes Medrea et Ferauge. Aujourd'hui, la Cité radieuse abrite des logements privés, une école d'infirmières, et accueille des événements culturels comme le festival Impressions d'architecture (depuis 1994). Son histoire reflète les défis sociaux et urbains de la Lorraine post-industrielle, tout en incarnant l'utopie moderniste de Le Corbusier. Un fait notable : le tueur en série Francis Heaulme y a passé une partie de son enfance.

Le projet s'inscrivait dans une volonté de moderniser le logement social, en réponse à l'afflux de travailleurs liés à l'extraction du minerai de fer et à la sidérurgie. Cependant, le déclin économique régional dans les années 1970-1980 a transformé ce symbole d'innovation en un lieu abandonné, avant sa renaissance grâce à des initiatives locales et patrimoniales. La Cité radieuse de Briey reste un témoignage unique de l'architecture du XXe siècle, entre héritage industriel et réinvention culturelle.

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