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Redoute dite de la Bayonnette à Urrugne dans les Pyrénées-Atlantiques

Patrimoine classé Patrimoine défensif Fortification Redoute

Redoute dite de la Bayonnette

    La redoute de la Bayonnette
    64122 Urrugne
Propriété de la commune
Crédit photo : Harrieta171 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1793-1794
Conflits franco-espagnols
24 juillet 1794
Reprise à la baïonnette
7 octobre 1813
Assaut des Alliés
8 octobre 1813
Chute de la redoute
10 novembre 1813
Retraite française générale
1992
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Redoute dite de la Bayonnette (cad. G 174) : inscription par arrêté du 7 octobre 1992

Personnages clés

Théophile de La Tour d’Auvergne - Premier grenadier de la République Héros des combats de 1793-1794 dans les redoutes.
Arthur Wellesley, duc de Wellington - Général en chef des Alliés Dirigea l’offensive de 1813 contre les redoutes.
Maréchal Soult - Commandant des troupes françaises Organisa la défense en 1813 avant la retraite.
Chef de bataillon Gillet - Commandant du 88e régiment Dirigea la résistance en 1813 à la Bayonnette.
Général Reille - Commandant du flanc droit français Responsable des défenses d’Urrugne en 1813.

Origine et histoire

La redoute dite de la Bayonnette est une fortification militaire située à Urrugne, dans les Pyrénées-Atlantiques, en Nouvelle-Aquitaine. Construite entre le 4e quart du XVIIIe siècle et le 1er quart du XIXe siècle, elle fait partie d’un réseau de plus de vingt redoutes érigées sur les hauteurs de la Rhune pour défendre la frontière franco-espagnole. Ces ouvrages, souvent en forme d’étoile ou polygonaux, furent utilisés lors des conflits révolutionnaires (1793-1794) et des guerres napoléoniennes (1813), notamment pour contrer les offensives espagnoles puis anglo-hispano-portugaises.

La redoute de la Bayonnette, perchée à 560 mètres d’altitude sur le Mendalé, domine le village espagnol de Vera de Bidassoa. Son nom provient d’un combat acharné à la baïonnette livré le 24 juillet 1794 par les troupes françaises pour reprendre la position aux Espagnols. En 1813, elle fut réaménagée et défendue par le 9e bataillon léger avant de tomber sous les assauts des Alliés lors de la campagne du maréchal Wellington. Son plan irrégulier épouse le relief pour optimiser les tirs de flanquement, avec un parapet de 350 mètres entouré d’un fossé.

Cette redoute s’inscrit dans un dispositif défensif plus large, incluant des ouvrages comme ceux des Émigrés, de Louis XIV ou de Santa-Barbara. Ces fortifications, souvent sommaires et adaptées à la topographie, servaient de refuges aux fantassins et de points d’appui pour l’artillerie. Leur rôle fut crucial lors des batailles de 1793-1794, où les forces révolutionnaires, menées par des figures comme Théophile de La Tour d’Auvergne, repoussèrent les Espagnols. En 1813, malgré une résistance héroïque, les redoutes tombèrent sous les coups des coalisés, marquant le recul des troupes françaises vers Bayonne.

La redoute de la Bayonnette, classée monument historique en 1992, illustre l’architecture militaire de l’époque, mêlant pierres sèches et fossés. Son histoire reflète les enjeux stratégiques des Pyrénées-Atlantiques, théâtre de luttes pour le contrôle des cols et des voies d’accès entre la France et l’Espagne. Aujourd’hui, elle témoigne des sacrifices des soldats et de l’ingéniosité des ingénieurs militaires de la Révolution et de l’Empire.

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