Frise chronologique
23 avril 1793
Prise par les Espagnols
Prise par les Espagnols
23 avril 1793 (≈ 1793)
Attaquée et prise par le général Caro.
26 juin 1793
Reprise par les Français
Reprise par les Français
26 juin 1793 (≈ 1793)
Menés par Servan et La Tour d’Auvergne.
7 octobre 1813
Attaque des Alliés
Attaque des Alliés
7 octobre 1813 (≈ 1813)
Abandonnée par les Français face à Wellington.
18 novembre 1997
Inscription monument historique
Inscription monument historique
18 novembre 1997 (≈ 1997)
Protection officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Redoute (cad. Biriatou A 738 ; 1996 AA 33 ; Urrugne AK 55, 63) : inscription par arrêté du 18 novembre 1997
Personnages clés
| Théophile de La Tour d’Auvergne - Général français |
Menait les troupes lors des reprises. |
| Maréchal Soult - Commandant français |
Utilisa la redoute en 1813. |
| Général Ventura Caro - Commandant espagnol |
Prit la redoute en 1793. |
| Arthur Wellesley (duc de Wellington) - Général britannique |
Menait les Alliés en 1813. |
| Général Servan - Ministre et général français |
Organisa la défense en 1793. |
Origine et histoire
La redoute dite Louis XIV, située à cheval sur les communes de Biriatou et Urrugne, est une fortification militaire édifiée entre le 4e quart du XVIIIe siècle et le 1er quart du XIXe siècle. Elle surplombe la Bidassoa et l’île des Faisans, un lieu symbolique où fut signé le traité des Pyrénées en 1659. Son nom rend hommage à ce contexte historique. La structure adopte un plan pentagonal irrégulier, avec un parapet et un fossé en terre, et des dimensions atteignant 60 mètres du nord au sud et 90 mètres d’est en ouest. Elle fut un enjeu stratégique lors des guerres franco-espagnoles de 1793-1795 et des campagnes napoléoniennes de 1813-1814.
Pendant la guerre franco-espagnole de 1793-1795, la redoute fut le théâtre de plusieurs affrontements. Le 23 avril 1793, elle fut attaquée et prise par les troupes espagnoles du général Ventura Caro. Les Français, menés par le général Servan et le célèbre Théophile de La Tour d’Auvergne, la reprirent le 26 juin 1793. Les combats se poursuivirent, avec des changements de mains répétés, illustrant l’intensité des hostilités dans cette zone frontalière. La redoute servit également de poste de commandement au maréchal Soult en 1813, lors des offensives de Wellington.
En 1813, dans le cadre de la campagne des Pyrénées-Occidentales, la redoute Louis XIV fut un point clé du dispositif défensif français face aux troupes anglo-hispano-portugaises. Le 7 octobre 1813, elle fut violemment attaquée par les Alliés, conduisant les Français à l’abandonner et à se replier vers la Croix des Bouquets. Ce repli s’inscrivait dans une stratégie plus large de défense de la frontière, alors que Wellington cherchait à percer les lignes françaises pour avancer vers Bayonne. La redoute, aujourd’hui partiellement recouverte de végétation, reste un témoignage des fortifications militaires de l’époque.
La redoute Louis XIV est inscrite aux monuments historiques depuis le 18 novembre 1997. Son état de conservation varie : le côté sud-ouest est dégradé par la végétation, tandis que les autres parties restent visibles. Elle fait partie d’un ensemble plus large de redoutes construites dans les Pyrénées-Atlantiques pour défendre la frontière, reflétant les tensions géopolitiques de l’époque révolutionnaire et napoléonienne. Ces ouvrages, souvent sommaires, étaient conçus pour abriter des fantassins et résister aux assauts ennemis, bien que leur efficacité fût limitée face à des offensives massives.
Le site de la redoute Louis XIV, bien que peu accessible visuellement depuis le sol en raison de la végétation, conserve une importance historique majeure. Il illustre les stratégies militaires de l’époque, où les hauteurs étaient systématiquement fortifiées pour contrôler les voies d’accès et les points de passage frontaliers. La redoute, avec ses caractéristiques architecturales et son histoire mouvementée, offre un éclairage précieux sur les conflits qui ont marqué cette région frontalière entre la France et l’Espagne.