Frise chronologique
1761
Débarquement anglais
Débarquement anglais
1761 (≈ 1761)
Prise de pied à Kerdonis pendant la guerre de Sept Ans.
1782
Construction de la redoute
Construction de la redoute
1782 (≈ 1782)
Batterie et redoute édifiées après la guerre.
1795
Bombardement anglais
Bombardement anglais
1795 (≈ 1795)
Attaque lors de la bataille de Groix.
1858-1861
Construction du réduit actuel
Construction du réduit actuel
1858-1861 (≈ 1860)
Corps de garde et batterie modernes aménagés.
1961
Vente à un particulier
Vente à un particulier
1961 (≈ 1961)
Fin de l’usage militaire, fermeture au public.
30 octobre 2000
Inscription MH
Inscription MH
30 octobre 2000 (≈ 2000)
Protection au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Réduit (cad. ZN 27) : inscription par arrêté du 30 octobre 2000
Personnages clés
| Général Noizet - Inspecteur général du génie |
A recommandé l’emplacement du réduit en 1848. |
Origine et histoire
Le réduit de Kerdonis, situé à Locmaria sur l’île de Belle-Île-en-Mer (Morbihan), est un ensemble militaire construit au 3e quart du XIXe siècle. Il comprend un corps de garde crénelé modèle 1846, édifié en 1858, enfoncé dans le relief rocheux de la pointe de Kerdonis, ainsi qu’une batterie en bord de falaise reliée par un chemin excavé. Ce site stratégique, armé de 4 canons et tenu par 20 hommes, remplaçait des fortifications plus anciennes datant du XVIIIe siècle, dont une redoute et une batterie bombardées par les Anglais en 1761 et 1795 lors des conflits pour le contrôle de l’île.
Le corps de garde, unique exemplaire conservé dans son état d’origine, était conçu pour défendre la batterie située en contrebas. Celle-ci, construite en 1859, comportait un épaulement en terre et un mur de maçonnerie de 42 mètres, avec des plateformes d’artillerie ajoutées en 1862. Le site, désarmé en 1874, fut cédé à la Marine en 1932, puis occupé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale avant d’être vendu à un particulier en 1961. Il est inscrit aux Monuments Historiques depuis 2000, mais reste fermé au public.
Les origines du site remontent à la guerre de Sept Ans (1761), lorsque les Britanniques y débarquèrent après leur échec à Port Andro. Les ingénieurs militaires français y aménagèrent une redoute et une batterie en 1782, armées successivement de canons de 24 livres, 12 pouces, puis 30 livres au XIXe siècle. Les projets de modernisation au milieu du XIXe siècle furent marqués par des hésitations sur l’emplacement de la batterie (haute ou basse), résolues grâce aux recommandations du général Noizet en 1848, redécouvertes en 1857. Le réduit actuel, construit entre 1860 et 1861, illustre ces adaptations stratégiques.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands utilisèrent le phare voisin comme vigie et le corps de garde comme casernement. Une batterie provisoire de 2 canons de 95 mm y fut installée en 1939-1940. Après la guerre, le site, jugé obsolète, fut vendu aux Domaines en 1961 à un propriétaire privé. Aujourd’hui, bien que protégé, il n’est pas accessible, préservant ainsi son authenticité militaire.
La pointe de Kerdonis, point névralgique de la défense de Belle-Île, reflète les enjeux stratégiques de la façade atlantique française, des guerres coloniales du XVIIIe siècle aux conflits mondiaux du XXe siècle. Son architecture, mêlant maçonnerie de pierre et aménagements rocheux, témoigne des évolutions de l’artillerie côtière, tandis que son isolement actuel en fait un vestige rare de ce patrimoine défensif.