Frise chronologique
1689
Première mention par Vauban
Première mention par Vauban
1689 (≈ 1689)
Vauban propose une batterie de quatre canons.
1747
Armement renforcé
Armement renforcé
1747 (≈ 1747)
Batterie équipée de canons de 36 et 24 livres.
1858-1859
Construction du réduit actuel
Construction du réduit actuel
1858-1859 (≈ 1859)
Nouvelle batterie et corps de garde crénelé.
1870
Abandon militaire
Abandon militaire
1870 (≈ 1870)
Déclassement et vente ultérieure en 1891.
1940-1944
Occupation allemande
Occupation allemande
1940-1944 (≈ 1942)
Ajout d’ouvrages en béton et tranchées.
9 novembre 2000
Classement monument historique
Classement monument historique
9 novembre 2000 (≈ 2000)
Inscription au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Réduit (cad. ZM 234) : inscription par arrêté du 9 novembre 2000
Personnages clés
| Vauban - Ingénieur militaire |
A conçu la première batterie en 1689. |
| Commission mixte d'armement des côtes (1841) - Organisme militaire |
A planifié le réduit actuel modèle 1846. |
Origine et histoire
Le réduit de La Biche, situé à la pointe de la Biche sur la commune de Locmaria (Belle-Île-en-Mer), est un élément clé du système défensif conçu pour protéger l’île au XIXe siècle. Il remplace une batterie plus ancienne, construite au XVIIe siècle sur les plans de Vauban, qui avait été renforcée pendant la Révolution avec un four à boulets. Ce site stratégique surveillait les Grands Sables, principal point de débarquement de l’île.
En 1858, la vieille batterie est démolie pour laisser place à une nouvelle fortification, équipée de cinq canons et d’un corps de garde crénelé modèle 1846, conçu pour abriter vingt hommes. Ce réduit, achevé en 1859, était l’un des huit similaires sur Belle-Île. Un mortier de 32 cm y est ajouté en 1862, mais le site est déclassé en 1870, puis vendu à un particulier en 1891. Les modifications successives (comblement des créneaux, ajout d’une toiture) et sa transformation en habitation privée ont altéré son aspect d’origine.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands y installent un point d’appui défensif, ajoutant des ouvrages en béton et des tranchées. Aujourd’hui, le réduit, classé monument historique depuis 2000, conserve des traces de ces occupations militaires, bien que son usage résidentiel ait effacé une grande partie de ses dispositions initiales. La propriété reste privée, et son accès est limité.
L’histoire du réduit reflète les évolutions stratégiques de Belle-Île, marquée par les conflits du XVIIe au XXe siècle. Vauban y avait déjà identifié l’importance de la pointe de la Biche dès 1689, recommandant une batterie de quatre canons. Au fil des siècles, le site a été adapté aux besoins militaires, avant de devenir un témoignage patrimonial des systèmes défensifs côtiers.
La loi littoral de 1976 a mis fin aux controverses locales sur la clôture du terrain, instaurée en 1902 par le propriétaire. Malgré les transformations, le réduit de La Biche reste un exemple caractéristique des fortifications côtières du XIXe siècle, intégrant des vestiges de différentes époques, de Vauban aux aménagements allemands.