Réduit de la Pointe-d'Arzic à Locmaria dans le Morbihan

Réduit de la Pointe-d'Arzic

  • 56360 Locmaria
Réduit de la Pointe-dArzic
Réduit de la Pointe-dArzic
Crédit photo : Pmau - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1689
Projet de Vauban
1705
Mention de la batterie
1747
Armement de la batterie
1770
Reconstruction en maçonnerie
1780
Réorganisation de la batterie
1803
Armement pendant l'Empire
1841
Conservation de la position
1858-1859
Construction de la batterie
1860-1861
Construction du corps de garde
1862
Mise en place des plates-formes
1918
Poste de défense
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Réduit (cad. ZR 310) : inscription par arrêté du 30 octobre 2000

Personnages clés

Vauban Ingénieur militaire ayant dessiné des projets pour des batteries de côte lors de son séjour à Belle-Île en 1689.
Général Noizet Inspecteur général du génie ayant tranché en faveur de la solution de mi-falaise pour la batterie.

Origine et histoire

Ce corps de garde crénelé dérive du modèle 1846 n°3 et a été adapté aux conditions du terrain en étant creusé dans le roc. Profondément modifié lors de sa transformation en habitation, il se trouve aujourd’hui dans un environnement dénaturé. Il constitue le seul exemple de l'île où le modèle a été adapté aux contraintes géographiques. Lors de son séjour à Belle-Île en 1689, Vauban dessine des projets pour des batteries de côte, dont une, armée de deux pièces, à la pointe de Kergolay ou d'Arzic pour défendre l'anse du Port Blanc. Une batterie est effectivement mentionnée en ce lieu en 1705 et elle est régulièrement réoccupée au cours des guerres maritimes du XVIIIe siècle. En 1747, elle est dotée d'un canon de 24 livres et d'un canon de 8 livres. D'importants travaux interviennent après 1763 et pendant la guerre d'Amérique : le retranchement qui barrait la plage est reconstruit en maçonnerie dans les années 1770 et la batterie est réorganisée dans les années 1780. La position reste occupée pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire ; en 1803 et en 1813 elle tient deux canons de 24 livres et un mortier de 12 pouces, servis par quinze hommes. La Commission mixte d'armement des côtes de 1841 conserve la position de la pointe d'Arzic pour une batterie de trois pièces — deux canons de 30 livres et un obusier de 22 cm — complétée par un corps de garde défensif n°3. Dès 1846, la question de l'emplacement suscite un débat : la batterie existante est jugée trop élevée pour être efficace, tandis qu'une implantation à mi-falaise exigerait de coûteux travaux de déroctage et compliquerait l'installation du corps de garde. En 1848 le général Noizet, inspecteur général du génie, tranche en faveur de la solution de mi-falaise et demande de renoncer au plan-type, mais le document contenant ses préconisations est égaré. Réétudié à partir de 1857, le projet place d'abord batterie et corps de garde au sommet de la falaise, puis la redécouverte la même année du registre des ordres des inspecteurs généraux permet de reprendre les vues du général Noizet. La batterie est construite en 1858-1859 ; le corps de garde est entrepris en 1860 et achevé en 1861, puis les dés en maçonnerie des plates-formes d'artillerie sont mis en place en 1862. Un sémaphore est édifié en arrière de la batterie haute vers 1861-1862. La batterie basse n'est pas conservée par la commission de défense des côtes en 1874 et sa date de vente demeure inconnue. Un poste de défense contre les sous-marins, armé de deux canons de 95 mm sur affûts de côte, est mentionné à la pointe d'Arzic en 1918. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le sémaphore sert d'observatoire d'abord aux Français, puis aux Allemands, qui utilisent le corps de garde de la batterie basse comme casernement et dressent quelques postes bétonnés légers — tobrouks — autour du sémaphore. Le corps de garde de la batterie basse et le sémaphore sont aujourd'hui des résidences privées.

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