Frise chronologique
585
Siège par le roi Gontran
Siège par le roi Gontran
585 (≈ 585)
Mentionné par Grégoire de Tours, sans destruction avérée.
13 décembre 1956
Première inscription MH
Première inscription MH
13 décembre 1956 (≈ 1956)
Protection de la portion nord des remparts.
6 juillet 1998
Inscription totale du site
Inscription totale du site
6 juillet 1998 (≈ 1998)
Extension après fouilles archéologiques (1993–2001).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Remparts gallo-romains (anciens) : partie sur voirie communale (cad. B 471) : inscription par arrêté du 13 décembre 1956
Personnages clés
| Grégoire de Tours - Historien franc |
A décrit le siège de 585 dans ses chroniques. |
| Gontran - Roi des Francs |
Assiégea la ville en 585 pour déloger Gondovald. |
| Gondovald - Usurpateur |
Cible du siège de Gontran en 585. |
| Bertrand Sapène - Archéologue |
Sondages sur le rempart (1942–1969). |
| Simon Esmonde Cleary - Archéologue |
Dirigea les fouilles de 1993 à 2001. |
| Jason Wood - Archéologue |
Co-dirigea les fouilles (1993–2001) avec Cleary. |
Origine et histoire
Les remparts gallo-romains de Saint-Bertrand-de-Comminges, longs de 885 mètres, délimitent un espace de 4,4 hectares autour de la ville haute. Leur construction, datée de la fin du IVe ou du début du Ve siècle, utilise des techniques variées : un parement de moellons calcaires, des arases de briques, et un noyau en opus incertum. Les maçonneries antiques, partiellement visibles, servent de fondations aux constructions ultérieures. Des déversoirs en marbre de remploi et des tours semi-circulaires (comme celle reprise au nord) complètent cet ensemble défensif, remanié jusqu’au XVIIIe siècle pour s’adapter aux besoins locaux (fenêtres, jardins, soutènements). Les fouilles menées entre 1993 et 2001 ont révélé des traces d’occupation pré-remparts (fin IVe siècle) et confirmé l’absence de destructions liées au siège de 585 par Gontran, évoqué par Grégoire de Tours.
La structure des remparts se divise en trois zones distinctes : une base en pierres sèches posées sur le rocher, une maçonnerie intermédiaire de moellons équarris (période gallo-romaine), et un sommet en moellons irréguliers mêlés de cailloux. Les réparations, identifiables par des panneaux de briques espacées, suggèrent des adaptations post-siège ou après des périodes de paix. Les trois portes actuelles (Cabirole, Majoue, Lhérisson), attestées depuis le XIIIe siècle, ne conservent que la porte Majoue comme héritière directe d’un accès antique. Le rempart, encore utilisé à des fins défensives au XVIIe siècle, a été inscrit aux Monuments Historiques en 1956 (portion nord), puis en 1998 pour l’ensemble du site, après les recherches d’Esmonde Cleary et Wood.
L’histoire des remparts est liée à des événements majeurs, comme l’installation des Wisigoths dans le sud de la Gaule au début du Ve siècle, bien qu’aucun lien direct ne soit établi. Les remplois architecturaux (marbre, briques) proviennent du démantèlement de la ville basse antique, reflétant une réorganisation urbaine. Les sondages de Bertrand Sapène (1942–1969) et les fouilles récentes ont permis de dater précisément la construction et d’identifier une occupation accrue de la ville haute entre les Ve et VIIe siècles. Aujourd’hui, le rempart, percé de fenêtres et intégré aux habitations, illustre la transition entre fonction militaire et usage civil, tout en conservant des vestiges antiques remarquables, comme la portion sud près de la B449.