Frise chronologique
1433
Premières mentions de moulins
Premières mentions de moulins
1433 (≈ 1433)
Deux moulins attestés par des textes.
1522
Production de nourriture animale
Production de nourriture animale
1522 (≈ 1522)
Fabrication de « mouture » pour bétail.
1640-1763
Extension du réseau
Extension du réseau
1640-1763 (≈ 1702)
Construction de deux moulins supplémentaires.
1835
Trois moulins encore actifs
Trois moulins encore actifs
1835 (≈ 1835)
Réduction du nombre de moulins.
1955-1956
Fin de l'activité meunière
Fin de l'activité meunière
1955-1956 (≈ 1956)
Arrêt définitif des derniers moulins.
28 février 1997
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
28 février 1997 (≈ 1997)
Protection officielle du réseau hydraulique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Système constitué par : l'étang, l'aqueduc souterrain reliant l'étang au parc du château, la partie de l'aqueduc située sous le parc du château avec la salle souterraine, la conduite forcée reliant le château au premier moulin, le premier moulin (façades et toitures) et ses annexes, le réseau souterrain avec ses arches, la suite de l'aqueduc et les deux moulins en ruines (cad. non cadastré, domaine public ; I 377 ; AB 54, 52, 12, 408, 407, 409, 14, 17) : inscription par arrêté du 28 février 1997
Personnages clés
| Information non disponible - Aucun personnage nommé dans les sources |
Les seigneurs locaux, non identifiés, sont supposés commanditaires. |
Origine et histoire
Le réseau hydraulique médiéval de Castelnau-Pégayrols, situé dans le département de l'Aveyron en région Occitanie, est un système ingénieux datant au moins du XVe siècle, bien que son origine puisse être plus ancienne. Il traverse le village grâce à un aqueduc partiellement couvert, reliant un étang supérieur à la citerne du château. Ce réseau avait une quadruple fonction : alimenter le château en eau pour résister aux sièges, fournir de l’eau au village, actionner quatre moulins hydrauliques (pour la production de farine et d’huile), et irriguer les terres agricoles via des dérivations et un trop-plein.
Les premiers textes mentionnant ce réseau remontent au XVe siècle, évoquant deux moulins dès 1433, puis quatre entre 1640 et 1763. Ces moulins, situés en aval de la citerne du château, produisaient de la farine fine pour l’alimentation humaine et animale, ainsi que de l’huile. Un document de 1522 atteste la fabrication d’une « nourriture de bétail » à partir d’une farine grossière appelée « la mouture ». En 1665, un compoix (registre cadastral) décrit précisément les quatre moulins, leurs maisons attenantes, et les étangs associés, soulignant leur valeur économique et stratégique.
L’aqueduc, partiellement recouvert de dalles au XVIIIe siècle dans le quartier du Grifoul, a continué de fonctionner jusqu’au milieu du XXe siècle. Les trois moulins encore en activité en 1835 ont cessé leur production vers 1955-1956. L’un d’eux, le plus en amont, a été transformé en toilettes publiques en 1984, tandis qu’un autre, en cours de restauration, conserve une paire de meules à l’intérieur. Le troisième, en aval, n’est plus que vestige. Ce réseau, propriété de la commune, a été inscrit au titre des monuments historiques le 28 février 1997 pour son caractère exceptionnel et son état de conservation partiel.
La construction de ce réseau, coûteuse et complexe, était probablement initiée par les seigneurs locaux, qui en tiraient des revenus via des « banalités » (taxes d’usage et d’entretien) payées par les usagers. Ces banalités reflètent l’importance économique et sociale du système, intégralement conçu pour répondre aux besoins vitaux de la communauté : défense, alimentation, production artisanale et agriculture. L’inscription de 1997 couvre l’ensemble du système, incluant l’étang, les parties souterraines et aériennes de l’aqueduc, les moulins et leurs annexes, ainsi que les conduites forcées.
Aujourd’hui, ce réseau hydraulique témoigne de l’ingéniosité médiévale en matière de gestion de l’eau et de l’énergie, tout en illustrant l’évolution des usages et des techniques sur plus de cinq siècles. Son état actuel, entre vestiges et restaurations partielles, offre un aperçu unique des savoir-faire hydrauliques du Rouergue, tout en posant la question de sa préservation et de sa valorisation touristique ou patrimoniale.