Destruction 21-22 janvier 1947 (≈ 22)
Disparition de la porte.
Seconde moitié du Xe siècle
Première enceinte
Première enceinte Seconde moitié du Xe siècle (≈ 1075)
Construction ordonnée par Thibault Ier de Blois.
1140
Première mention
Première mention 1140 (≈ 1140)
Porte aux Renards citée dans un acte.
1372
Nouvelle fortification
Nouvelle fortification 1372 (≈ 1372)
Construction par Godemart Delinières.
1946
Classement MH
Classement MH 1946 (≈ 1946)
Porte aux Renards protégée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Thibault Ier de Blois - Comte de Blois
Commanditaire de la première enceinte (Xe siècle).
Godemart Delinières - Responsable des fortifications
Supervise la construction en 1372.
Origine et histoire
Les fortifications de Selles-sur-Cher trouvent leur origine dans une première enceinte édifiée à la demande de Thibault Ier, comte de Blois surnommé le Tricheur, durant la seconde moitié du Xe siècle. Ces premières défenses furent détruites, mais une Porte aux Renards est déjà mentionnée dans un acte de 1140, attestant de son rôle précoce dans le système défensif de la cité. Ces vestiges témoignent d’une occupation stratégique sur les bords du Cher, liée aux tensions féodales de l’époque.
En 1372, de nouvelles fortifications furent construites sous l’impulsion de Godemart Delinières, comprenant des murs épais de 2 mètres, flanqués de 6 tours (alternativement carrées et en fer à cheval), trois portes principales accompagnées de chapelles dédiées à Notre-Dame, trois portes secondaires et trois redoutés. L’ensemble était ceint de fossés larges de 20 mètres. La Porte aux Renards, tour carrée en maçonnerie de moellons, était équipée d’une herse et percée de trois meurtrières côté Cher. Son étroitesse la rendait aisément défendable par peu d’hommes.
La porte, classée Monument Historique en 1946, fut détruite entre le 21 et le 22 janvier 1947. Avant sa disparition, elle constituait l’un des derniers témoignages des fortifications médiévales de Selles-sur-Cher, marquées par leur adaptation aux conflits du XIVe siècle. Sa partie supérieure avait été arasée, et sa façade sur le Cher conservait les traces de son usage défensif. Aucune trace de pont-levis n’a été relevée dans les sources.
Les fortifications du XIVe siècle reflétaient les besoins militaires de l’époque, dans un contexte où la guerre de Cent Ans (1337–1453) renforçait l’importance des places fortes en Val de Loire. Selles-sur-Cher, située sur un axe stratégique entre Blois et le Berry, bénéficiait ainsi d’un système défensif conçu pour résister aux assièges et contrôler les accès fluviaux. La destruction de la Porte aux Renards au XXe siècle priva la ville d’un élément clé de son patrimoine médiéval.