8 Impasse de la Grande Cour de l'Abbaye 35540 Le Tronchet
Frise chronologique
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1150
Tutelle de Tiron
Tutelle de Tiron 1150 (≈ 1150)
L'abbaye est placée sous la tutelle de l'abbaye de Tiron.
1170
Érection en abbaye
Érection en abbaye 1170 (≈ 1170)
L'abbaye prend le vocable de Notre-Dame du Tronchet.
XIIe siècle
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye XIIe siècle (≈ 1250)
Un ermite nommé Gautier réunit une communauté religieuse.
XIVe siècle
Baie gothique ajoutée
Baie gothique ajoutée XIVe siècle (≈ 1450)
Une baie gothique est réemployée au-dessus du portail occidental.
1628
Réforme mauriste
Réforme mauriste 1628 (≈ 1628)
La congrégation de Saint-Maur prend la relève.
1642
Début reconstruction
Début reconstruction 1642 (≈ 1642)
La première pierre des bâtiments conventuels est bénite.
1659
Construction abbatiale
Construction abbatiale 1659 (≈ 1659)
La première pierre de l'église est posée.
1679
Achèvement abbatiale
Achèvement abbatiale 1679 (≈ 1679)
L'abbatiale est achevée vers cette date.
1856
Transformation du chœur
Transformation du chœur 1856 (≈ 1856)
Le chœur de l'abbatiale est transformé par Albert Béziers-Lafosse.
1933
Classement historique
Classement historique 1933 (≈ 1933)
L'abbaye est classée au titre des monuments historiques.
2003
Réhabilitation du site
Réhabilitation du site 2003 (≈ 2003)
Des éléments comme les voûtes en bois et les vitraux sont restitués.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ancienne abbaye (cad. B 117 à 119) : classement par arrêté du 26 juillet 1933
Personnages clés
Gautier
Ermite fondateur de la communauté religieuse.
Alain
Sénéchal de Dol ayant concédé le terrain au XIIe siècle.
Albert Béziers-Lafosse
Architecte responsable de la transformation du chœur en 1856.
Origine et histoire
Les origines de l'abbaye remontent au XIIe siècle, lorsqu'un ermite nommé Gautier réunit autour de lui une communauté religieuse sur un terrain concédé au milieu du siècle par Alain, sénéchal de Dol, de retour de croisade. Placée sous la tutelle de l'abbaye de Tiron vers 1150, la maison fut érigée en abbaye en 1170 et prit le vocable de Notre‑Dame du Tronchet. Aucun édifice de la fondation médiévale n'a subsisté en élévation : les matériaux anciens ont été réemployés pour la reconstruction moderne. L'abbaye connut des destructions pendant les troubles de la Ligue et, affaiblie par la mise en commende aux XVe–XVIe siècles, elle déclina avant d'être réformée au début du XVIIe siècle. Après une période de réforme par la Société de Bretagne, la congrégation de Saint‑Maur prit la relève en 1628 et conduisit le transfert et la reconstruction des bâtiments sur la colline voisine, le chantier principal s'étendant de 1642 à 1679. La première pierre des bâtiments conventuels fut bénite le 11 juillet 1642 ; la première pierre de l'église, posée en 1659, ouvrit la phase de l'abbatiale achevée vers 1679. L'église remploie, au‑dessus du portail occidental, une baie gothique du XIVe siècle et porte, dans le mur sud, deux inscriptions liées aux travaux : « 1642 XI JUILII DIVO BENEDICTO SACRA AEDIFICANTUR » et « NOSTRE DAME PATRONE DU TRONCHET IVIN 1671 ». Le choeur de l'abbatiale a été transformé et réduit en 1856 par l'architecte Albert Béziers‑Lafosse pour aménager une sacristie derrière le maître‑autel. À la Révolution l'abbaye fut pillée et vendue comme bien national ; les habitants rachetèrent ensuite une partie des bâtiments et l'église fut sauvée, érigée en paroisse en 1826. Des vestiges des bâtiments conventuels, du cloître et de pièces adossées au côté sud subsistent aujourd'hui ; ils correspondent principalement aux travaux du XVIIe siècle. Le site, classé au titre des monuments historiques par arrêté du 26 juillet 1933, a fait l'objet d'une réhabilitation en 2003 qui a restitué certains éléments : voûte en bois, corniches, vitraux et enduits. L'abbaye possédait autrefois de nombreuses dépendances, prieurés, métairies et droits de foire et de justice qui assuraient ses ressources et son rayonnement local ; ces dépendances ont été progressivement aliénées ou dispersées au cours des siècles. L'ensemble des vestiges visibles aujourd'hui illustre la longue histoire monastique du Tronchet, marquée par des fondations médiévales, des reconstructions mauristes au XVIIe siècle, des remaniements du XIXe siècle et des campagnes de restauration contemporaines.