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Restes de la villa romaine de Bapteste à Moncrabeau dans le Lot-et-Garonne

Restes de la villa romaine de Bapteste

    22 Route de Bapteste
    47600 Moncrabeau
Propriété privée

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1871
Découverte du site
1872
Construction d'une grange-musée
1875
Classement Monument Historique
1965
Destruction de la grange-musée
1995
Nouvelles fouilles
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Villa romaine de Bapteste (les restes) : classement par liste de 1875

Personnages clés

Joseph-Guillaume-Anatole Faugère-Dubourg - Archéologue et fouilleur Dirigea les fouilles de 1871 et 1874.
Xavier Teulières - Collaborateur des fouilles Cofouilleur avec Faugère-Dubourg en 1871.
Reinhold Dezeimeris - Historien local Proposa l'identification à Ebromagus.
Georges Tholin - Historien et archéologue Assimila une pièce à un baptistère (1874).

Origine et histoire

La villa romaine de Bapteste, découverte en 1871 sur le territoire de Moncrabeau (Lot-et-Garonne), a été fouillée sous la direction de Joseph-Guillaume-Anatole Faugère-Dubourg et Xavier Teulières. Les premières découvertes, annoncées dans Le Moniteur universel en janvier 1872, ont révélé des mosaïques et un mobilier datant principalement du IVe siècle, période d'apogée du site. Une grange-musée fut construite en 1872 pour abriter ces vestiges, mais elle tomba en ruine et fut rasée en 1965. De nouvelles fouilles en 1995 confirmèrent les dégâts causés par le labour du terrain après l'abandon des recherches initiales.

Les éléments archéologiques suggèrent une occupation continue depuis la protohistoire, avec une première villa probablement édifiée au Ier ou IIe siècle. Le site, organisé autour de deux cours intérieures (un atrium et un peristylium), comptait plus de quarante salles disposées en parallélogramme, typique des grandes villas romaines. Des conduits de chauffage sous les pavages des pièces méridionales indiquent une habitation d'hiver, tandis que l'absence de ces systèmes au nord évoque des espaces estivaux. La villa, probablement à un seul étage, fut occupée jusqu'au VIIIe siècle, comme en témoignent des objets paléochrétiens.

La découverte d'une pièce octogonale et d'une autre en triconque a nourri l'hypothèse, avancée par l'historien local Reinhold Dezeimeris et reprise par Georges Tholin en 1874, selon laquelle la villa pourrait être l'Ebromagus mentionné par saint Paulin. Cette théorie, bien que controversée, a marqué l'interprétation du site. Classée Monument Historique en 1875, la villa de Bapteste reflète l'évolution architecturale et sociale de l'Aquitaine romaine, depuis son âge d'or jusqu'à son déclin sous les invasions wisigothes et la conquête carolingienne.

Une partie du mobilier découvert est aujourd'hui conservée au château de Nérac, tandis que les mosaïques, dégradées puis partiellement détruites, n'ont pu être préservées. Le site, bien que protégé, souffre de l'érosion du temps et des activités agricoles, limitant les possibilités de fouilles ultérieures. Les recherches initiales, documentées dans des publications comme le Bulletin monumental (1872-1874), restent une source majeure pour comprendre ce patrimoine exceptionnel.

La villa de Bapteste illustre aussi les défis de la conservation du patrimoine archéologique au XIXe siècle. La construction puis la disparition de la grange-musée, ainsi que les fouilles sporadiques, soulignent les lacunes des méthodes de préservation de l'époque. Malgré ces pertes, le site conserve une valeur historique incontestable, témoignant de la romanisation de l'Aquitaine et des transitions culturelles entre Antiquité et Moyen Âge.

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