Crédit photo : Jochen Jahnke 16:36, 12. Apr. 2010 (CEST) - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
14 000 ans AP
Datation des sculptures
Datation des sculptures
14 000 ans AP (≈ 0)
Période d'occupation magdalénienne récente.
1927
Découverte du site
Découverte du site
1927 (≈ 1927)
Lucien Rousseau identifie l'occupation magdalénienne.
18 janvier 1955
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
18 janvier 1955 (≈ 1955)
Protection officielle de l'abri et de ses sculptures.
1947-1964
Fouilles de Suzanne de Saint-Mathurin
Fouilles de Suzanne de Saint-Mathurin
1947-1964 (≈ 1956)
Mise au jour de la frise sculptée et des blocs ornés.
2008
Ouverture du centre d'interprétation
Ouverture du centre d'interprétation
2008 (≈ 2008)
Restitution en réalité augmentée pour le public.
2016
Fermeture et réouverture du centre
Fermeture et réouverture du centre
2016 (≈ 2016)
Crise puis reprise de l'accès public.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Abri du Roc aux Sorciers aux parois ornées de sculptures préhistoriques (cad. F 102, 103, 277, 278) : classement par arrêté du 18 janvier 1955
Personnages clés
| Lucien Rousseau - Découvreur du site |
Identifie le gisement magdalénien en 1927. |
| Suzanne de Saint-Mathurin - Archéologue, fouilleuse principale |
Dirige les fouilles de 1947 à 1964. |
| Dorothy Garrod - Préhistorienne britannique |
Collabore avec Suzanne de Saint-Mathurin. |
| Geneviève Pinçon - Archéologue, directrice scientifique |
Dirige les études récentes et publications. |
| Henri Breuil - Abbé et préhistorien |
Identifie un mammouth sur une dalle gravée. |
Origine et histoire
Le Roc-aux-Sorciers est un abri sous roche situé à Angles-sur-l'Anglin (Vienne, Nouvelle-Aquitaine), célèbre pour ses sculptures pariétales datées du Magdalénien récent (environ 14 000 ans avant le présent). Le site, découvert en 1927 par Lucien Rousseau, se compose de deux parties : l'abri Bourdois et la cave Taillebourg, séparées par une zone non fouillée. Classé Monument Historique en 1955, il doit son nom à une légende locale évoquant des réunions de sorciers.
Les fouilles, initiées par Lucien Rousseau en 1927, ont révélé une occupation magdalénienne et une dalle gravée représentant un mammouth. À partir de 1947, Suzanne de Saint-Mathurin et Dorothy Garrod ont mis au jour des blocs sculptés (bisons, chevaux, bouquetins, félins) et une frise monumentale in situ, incluant des figures humaines rares pour l’art paléolithique. Ces œuvres, associées à des foyers et des outils, témoignent d’un lien étroit entre habitat et art.
Le site a été occupé du Magdalénien III au Magdalénien VI (15 000 à 12 000 ans AP), comme le confirment des datations au carbone 14. Les couches archéologiques ont livré un mobilier riche (parures, lampes, outils en silex, os ou ivoire), scellées par l’effondrement partiel de la falaise. La frise sculptée, exceptionnelle par son réalisme et son jeu de lumières, suggère une dimension à la fois utilitaire et symbolique, avec des anneaux taillés pouvant servir de liens ou de séparations entre panneaux.
Fermé au public pour des raisons de conservation, le Roc-aux-Sorciers est accessible via un centre d’interprétation utilisant la réalité augmentée depuis 2008. Ce centre, temporairement fermé en 2016 avant sa réouverture, propose une médiation innovante sur les interprétations de l’art pariétal. Les recherches récentes, dirigées par Geneviève Pinçon, incluent des relevés 3D et des études géomorphologiques pour contextualiser le site dans une « paléo-géographie sociale ».