Frise chronologique
1883
Fondation du dépôt
Fondation du dépôt
1883 (≈ 1883)
Création par la Compagnie des chemins de fer du Nord.
1886
Construction de la 2e rotonde
Construction de la 2e rotonde
1886 (≈ 1886)
Agrandissement pour 44 locomotives à vapeur.
1944
Bombardements massifs
Bombardements massifs
1944 (≈ 1944)
Destruction à 70 % pendant la Seconde Guerre mondiale.
Années 1950
Fin de la vapeur
Fin de la vapeur
Années 1950 (≈ 1950)
Transition vers locomotives Diesel et électriques.
28 mars 2003
Protection patrimoniale
Protection patrimoniale
28 mars 2003 (≈ 2003)
Inscription de la rotonde n°1 aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La rotonde (cad. AM 18) : inscription par arrêté du 28 mars 2003
Personnages clés
| James de Rothschild - Banquier et fondateur |
Financeur de la Compagnie des chemins de fer du Nord. |
| Bernard Laffaille - Ingénieur |
Concepteur des rotondes en béton armé. |
| Paul Peirani - Architecte |
Collaborateur sur les rotondes modernisées d’après-guerre. |
Origine et histoire
La rotonde ferroviaire de Longueau, située dans le département de la Somme en région Hauts-de-France, a été édifiée au début du XXe siècle pour répondre aux besoins croissants de la Compagnie des chemins de fer du Nord. Fondé en 1883 à proximité de la gare de Longueau, ce dépôt fut initialement conçu pour l’entretien des locomotives à vapeur, avec deux rotondes construites en 1883 et 1886. Son développement fut motivé par la saturation du dépôt d’Amiens, nécessitant une extension des infrastructures pour le trafic marchandises.
Pendant la Première Guerre mondiale, le dépôt abritait des locomotives comme les Ten wheel série 230 Nord et les 140 Pershing, issues des États-Unis. Une troisième rotonde fut ajoutée dans l’entre-deux-guerres pour accueillir un parc diversifié, incluant des locomotives tender type 141 T et 040 T. En 1938, Longueau devenait l’un des plus grands dépôts de la région Nord de la SNCF, avec 133 locomotives en service.
La Seconde Guerre mondiale marqua un tournant dramatique : bombardé plus de cinquante fois en 1944, le dépôt fut détruit à 70 %, avec des pertes majeures en matériel et en infrastructures. Après-guerre, il fut reconstruit selon un plan moderne, incluant deux rotondes en béton armé conçues par l’ingénieur Bernard Laffaille et l’architecte Paul Peirani. Ces installations permirent la transition vers des locomotives Diesel, marquant la fin de l’ère vapeur dans les années 1960.
Dans les décennies suivantes, le dépôt évolua vers un centre d’entretien pour locomotives thermiques et électriques, accueillant des séries comme les BB 67400, X 4500, et plus tard, des Régiolis. En 2003, la rotonde n°1, dernière représentante des quatre rotondes de l’entre-deux-guerres encore en état primitif, fut inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Aujourd’hui, le site reste un pôle majeur de la Supervision technique de flotte (STF) des Hauts-de-France.
Le dépôt a également joué un rôle social et culturel, comme en témoigne la Fête du Rail organisée en 2013, permettant au public de découvrir son patrimoine ferroviaire. Malgré des projets avortés d’extension, comme celui de 2012 pour un atelier TER, Longueau conserve son importance stratégique dans le réseau ferroviaire national, avec plus de 500 engins motorisés en gestion en 2021.