Frise chronologique
1789
Projet initial
Projet initial
1789 (≈ 1789)
Plan de Charles de Wailly pour un axe est-ouest.
1801-1804
Percement du premier tronçon
Percement du premier tronçon
1801-1804 (≈ 1803)
Ordonné par Napoléon, dessiné par Percier et Fontaine.
1807
Achèvement des premières arcades
Achèvement des premières arcades
1807 (≈ 1807)
22 arcades construites, rue peu occupée.
1849-1855
Prolongement vers l’est
Prolongement vers l’est
1849-1855 (≈ 1852)
Connexion à la rue Saint-Antoine sous Haussmann.
1871
Incendie pendant la Commune
Incendie pendant la Commune
1871 (≈ 1871)
Destruction partielle entre rue Saint-Martin et Hôtel de Ville.
2020
Transformation en axe cyclable
Transformation en axe cyclable
2020 (≈ 2020)
Pérennisation des « coronapistes » par Anne Hidalgo.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Napoléon Bonaparte - Premier Consul puis Empereur |
Ordonne le percement initial en 1801. |
| Charles Percier et Pierre Fontaine - Architectes |
Conçoivent les façades à arcades néoclassiques. |
| Georges-Eugène Haussmann - Préfet de la Seine |
Supervise le prolongement sous le Second Empire. |
| Anne Hidalgo - Maire de Paris |
Pérennise la piste cyclable en 2020. |
| François-René de Chateaubriand - Écrivain |
Habite au no 194 (1812-1814). |
| Ivan Tourgueniev - Écrivain russe |
Vit au no 210 (1860-1864), y écrit *Pères et Fils*. |
Origine et histoire
La rue de Rivoli est une voie parisienne emblématique de 3 km, conçue comme partie intégrante des grands travaux haussmanniens. Achevée en 1855, elle s’inscrit dans l’axe historique traversant Paris de l’est (château de Vincennes) à l’ouest (La Défense). Son tracé actuel relie la place de la Concorde à la rue de Sévigné, en traversant les 1er et 4e arrondissements. Depuis 2020, elle est devenue une artère cyclable majeure de la capitale, symbolisant l’évolution des mobilités urbaines.
Le projet initial remonte à 1789, avec le « plan d’utilité et d’embellissement » de l’architecte Charles de Wailly, prévoyant un axe est-ouest entre la colonnade du Louvre et la rue Saint-Antoine. Les contraintes foncières, notamment la présence des couvents des Capucins et des Feuillants, retardent sa réalisation. Sous le Premier Empire, Napoléon Bonaparte lance le percement du premier tronçon (1801-1804), dessiné par les architectes Percier et Fontaine, avec des façades à arcades et des règles strictes pour préserver son esthétique (interdiction des artisans bruyants, enseignes commerciales, etc.).
La partie occidentale, bordée d’arcades néoclassiques, est achevée en 1807, mais la rue reste peu construite jusqu’aux années 1830, malgré une exemption fiscale de 20 ans accordée en 1811. Le prolongement vers l’est, connectant la rue Saint-Antoine, est réalisé sous le Second Empire (1849-1855) dans le cadre des transformations de Paris dirigées par Haussmann. Ces travaux impliquent d’immenses expropriations, l’arase de la butte Saint-Jacques, et la création de voies connexes comme l’avenue Victoria.
La rue de Rivoli a été le théâtre d’événements marquants, comme l’incendie de la section entre la rue Saint-Martin et l’Hôtel de Ville pendant la Commune de Paris (1871), ou l’attentat manqué contre le président Émile Loubet et le roi d’Espagne Alphonse XIII en 1905. Au XXe siècle, elle évolue vers une vocation commerciale et culturelle, abritant des grands magasins (BHV, Samaritaine), des hôtels de luxe (Meurice, Louvre), et des lieux historiques comme la salle du Manège, où fut jugé Louis XVI.
Depuis 2018, la rue a été réaménagée pour privilégier les transports doux, avec des pistes cyclables et une restriction de la circulation automobile. En 2020, la maire Anne Hidalgo pérennise ces « coronapistes », transformant la rue en un symbole de la transition écologique parisienne. Aujourd’hui, elle accueille quotidiennement 10 000 à 15 000 cyclistes, tout en conservant son patrimoine architectural et sa fonction d’axe structurant du centre de Paris.
La rue de Rivoli croise des monuments majeurs comme le Louvre, l’Hôtel de Ville, la tour Saint-Jacques, et le palais des Tuileries (disparu). Elle est bordée de bâtiments remarquables, dont certains portent des plaques commémoratives liées à des figures littéraires (Chateaubriand, Tolstoï, Tourgueniev) ou artistiques (Pissarro, Ionesco). Son histoire reflète les mutations urbaines, politiques et sociales de Paris, depuis l’Empire jusqu’à l’ère contemporaine.