Frise chronologique
648
Fondation de l’abbaye
Fondation de l’abbaye
648 (≈ 648)
Création par Bertin, Mommelin et Bertrand.
751
Emprisonnement de Childéric III
Emprisonnement de Childéric III
751 (≈ 751)
Dernier roi mérovingien y meurt en 755.
860
Pillage viking
Pillage viking
860 (≈ 860)
Abbaye brûlée, reliques protégées.
1050
Retrouvailles des reliques de saint Bertin
Retrouvailles des reliques de saint Bertin
1050 (≈ 1050)
Cachées 206 ans contre les Normands.
1345
Reconstruction de l’église
Reconstruction de l’église
1345 (≈ 1345)
Style gothique, tour de 48 mètres.
1789
Devenir bien national
Devenir bien national
1789 (≈ 1789)
Vente et démolition partielle.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Protection des ruines restantes.
1947
Effondrement de la tour
Effondrement de la tour
1947 (≈ 1947)
Conséquence des bombardements.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ruines de l'ancienne abbaye : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Bertin - Fondateur et moine missionnaire |
Cofondateur de l’abbaye au VIIᵉ siècle. |
| Childéric III - Dernier roi mérovingien |
Emprisonné et mort à Saint-Bertin. |
| Guillaume Fillâtre - Abbé et évêque |
Commanditaire du retable de Marmion. |
| Simon Marmion - Peintre enlumineur |
Auteur du retable (1455–1459). |
| Allard-Tassar - Moine copiste |
Recopia les *Annales de Saint-Bertin*. |
| Athala (ou Adélaïde/Ida) - Comtesse de Flandre inconnue |
Sépulture mystérieuse dans l’abbaye. |
Origine et histoire
L’abbaye Saint-Bertin, fondée au VIIe siècle par des moines missionnaires (Bertin, Mommelin, Bertrand) sous l’impulsion de l’évêque de Thérouanne, s’implante à Sithiu (future Saint-Omer) sur les bords de l’Aa. Dotée de terres et de dons, elle devient un centre religieux influent, abritant des reliques et une bibliothèque renommée. En 751, elle accueille Childéric III, dernier roi mérovingien, avant sa mort en 755.
Au IXe siècle, l’abbaye est scindée en deux monastères (l’un en plaine, l’autre sur la colline) et résiste aux invasions vikings malgré des pillages en 860. Elle accumule privilèges et possessions, confirmés par les papes et les comtes de Flandre, dont plusieurs y sont enterrés. Son scriptorium produit des manuscrits enluminés, comme le Psautier de Louis le Germanique, et sa bibliothèque conserve les Annales de Saint-Bertin.
L’église abbatiale, reconstruite entre le XIVe et XVIe siècles, culmine à 48 mètres. En 1789, l’abbaye devient bien national : les moines sont expulsés en 1791, les bâtiments vendus, et l’église partiellement démolie. Seule la tour subsiste jusqu’à son effondrement en 1947. Les ruines, classées en 1840, rappellent son rayonnement spirituel et culturel pendant plus de mille ans.
Le site abrite des sépultures remarquables, comme celle d’une « comtesse de Flandre » non identifiée, peut-être Ide (fille de Baudouin V) ou Adélaïde (fille de Baudouin II). Les fouilles de 1844 révèlent des tombes d’abbés. Aujourd’hui, les vestiges, propriété de la ville depuis 1811, offrent un aperçu de l’architecture monastique médiévale et de son organisation communautaire.
L’abbaye a joué un rôle clé dans l’évangélisation du Nord, la préservation des savoirs (copies de l’Aratea de Leyde) et les conflits de pouvoir locaux. Ses privilèges (dîmes, moulins) ont généré des litiges avec les seigneurs et les villes. La bibliothèque, pillée à la Révolution, comptait des œuvres majeures, dont certaines sont conservées à Saint-Omer.
Parmi les œuvres d’art liées à l’abbaye, le retable de Simon Marmion (1455–1459), commandé par l’abbé Guillaume Fillâtre, illustre son mécénat. Seuls deux volets subsistent, dispersés entre Berlin et Londres. L’abbaye, symbole de la puissance bénédictine, a formé 1 298 religieux entre 648 et 1792.